28/10/2017

BERGES DE SEINE SANS VOITURES (ESSAI)

IMG_3009.NOUVELLES BERGES PIETONNIERS  222.JPG

BERGES DE SEINE SANS VOITURES (ESSAI)

IMG_3009.NOUVELLES BERGES PIETONNIERS  222.JPG

19/10/2017

PONT NOTRE-DAME -

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PONT NOTRE-DAME -

IMG_2995.PONT NOTRE-DAME 222.JPG

07/03/2017

PARVIS DE LA DÉFENSE 92044 PUTEAUX PARIS - MÉTRO LIGNE 1 STATION LA DÉFENSE GRANDE ARCHE - SÉJOUR 22 en DÉCEMBRE 2016

IMG_0760.222.JPG

13/11/2016

PALAIS DE TOKYO

IMG_8841.PALAIS TOKYO OUVERTURE 222.JPG

06/11/2016

NO ONE IS BORN

IMG_8821.NO ONE 222.JPG

20/07/2010

15 JUILLET 2010 - NAMUR - EVIAN ROLLER BIKE PARADE 3

15 JUILLET 2010

NAMUR

EVIAN ROLLER BIKE PARADE 3

PROCHAIN RENDEZ-VOUS

CE JEUDI 22 - 07 - 2010

RASSEMBLEMENT A PARTIR DE 19H

PLACE DE LA WALLONIE - 5100 JAMBES

IMG_8386 Namur - Roller 'n Bike Parade 3 - 15 juillet 2010 - Speaking with Confidence.jpg
IMG_8422 Namur Roller 'n Bike Parade 3 - 15 juillet 2010 - Move to Happiness.jpg
IMG_8424 Namur - Roller 'n Bike Parade 3 - 15 juillet 2010 - Elegance and Freedom.jpg
IMG_8449 Namur - Roller 'n Bike Parade 3 - 15 juillet 2010 - Pride and Boldness.jpg
IMG_8455 Namur - Roller 'n Bike Parade - 15 juillet 2010 - Victory and See you next week.jpg

 

 

10/07/2010

ROLLER BIKE PARADE 2 à NAMUR le 08-07-2010


EVIAN ROLLER BIKE PARADE 2
à NAMUR le 08-07-2010

IMG_8379 Namur Evian Roller Bike Parade 2010 A ne pas oublier C'est aussi pour les vélos


 

 

16:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : namur, roller parade

02/07/2010

ROLLER PARADE 1 à NAMUR le 01-07-2010


Première Roller and Bike Parade à Namur

le 1 juillet 2010

IMG_8303 Namur Roller Parade 01-07-2010 - It's all in the move

 

 

 

 

IMG_8314 Namur Roller Parade 01-07-2010 Evènement sympathique - Arrivée surle pont de Wépion -

 

 

 

 

IMG_8317 Namur Roller Parade 01-07-2010 (Re)mise en condition sur le pont de Wépion

 

 

 

 

IMG_8318 Namur Roller Parade 01-07-2010 Pont de Wépion - à mi-chemin

 

 

 

 

 

IMG_8322 Namur Roller Parade 01-07-2010 Pont de Wépion - Sport Look 'n Smile

 

 

 

 

 

IMG_8325 Namur Roller Parade 01-07-2010 Prse de conntact avec un futur homme réputé sur le pont de Wépion

 

 

 

 

IMG_8328 Namur Roller Parade 01-07-2010 Un des multiples arrêts - Pont de Wépion

 

 

 

 

IMG_8339 Namur Roller Parade 01-07-2010 (Re)mise en route sur le pont de Wépion

16:20 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : namur

18/06/2010

OLIVIER DUMONT


petit détour chez

OLIVIER DUMONT

( d'autres tableaux sur ART MAJEUR COM)

 

IMG_8012. Olivier Dumont

 

 

 

 

IMG_8029 Olivier Dumont


14/06/2010

BRUXELLES

 


BRUXELLES...

FOR PICTURE'S SAKE

IMG_8162-1 Bruxelles - Quartier Botanique - Boulevard Bisschoffsheim

 

 

 

IMG_8183 Bruxelles - Finance Tower - En face du Jardin  Botanique

 

 

 

IMG_8168 Bruxelles - Quartier Botanique - Au pied du Finance Tower


09:23 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles

11/06/2010

AMSTERDAM 2010


AMSTERDAM EN  RêVE

UNE PHOTO PRISE ET TRAVAILLEE PAR

SPENCER TUNICK

354922 SPENCER TUNICK


17:13 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amsterdam

24/05/2010

AMSTERDAM 2010


AMSTERDAM 2010

DU 17 MAI AU 20 MAI

IMG_7631 Amsterdam Béguinage 2010

 

 

 

IMG_7648 Amsterdam 2010 -  Spuiplein 2010

 

 

 

IMG_7653 Amsterdam 2010 - Hotel NES au Kloveniersburgwal - au centre - à conseiller

 

 

 

IMG_7690 Amsterdam Hôtel de ville 2010 - Envahi Spinoza tient bon comme au 17e siècle

 

 

 

  

IMG_7718 Amsterdam - Oude Kerk - World Press Photo 2010 - à conseiller aux non-habitués

 

 

 

IMG_7728 Amsterdam - Oude Kerk - Red Light District - Marieke 2010

 

 

 

 

IMG_7733 Amsterdam 2010 - Warmoesstraat 48 - Koffie en Thee - Van Geel en Co - à conseiller

 

 

 

IMG_7748 Amsterdam-Noord Overhoek 2010 - Ancienne Shell Tower - Au pied vient le futur Filmmuseum

 

 

 

 

IMG_7754 Amsterdam 2010 - entre le CS et le IJ

 

 

 

IMG_7770 Amsterdam 2010 - Zeedijk - Midi

 

 

 

IMG_7780 Amsterdam 2010 - Zeedijk 106-118 - Buddha Temple - visite gratuite - équivaut 15 minutes de paix


20:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amsterdam, pays-bas

12/05/2010

ISLN - INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR - JOURNEES DE SOLIDARITE 2010 - 3


--- dedié à ADELINE ---

AUJOURD'HUI ET LES JOURS SUIVANTS

EN VRAC

DES PHOTOS

DES JOURNEES DE SOLIDARITE

A L'INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR

IMG_7408 ISLN SOLIDAR 08052010 1814 MARATHON 7

 

 

 

IMG_7430 ISLN SOLIDAR 08052010 2153 DEPART BALADES CONTEES AUX FLAMBEAUX 2

 

 

 

IMG_7432 ISLN SOLIDAR 08052010 2157 DEPART BALADES CONTEES AUX FLAMBEAUX 3

 

 

 

IMG_7433 ISLN SOLIDAR 08052010 2200 DEPART BAKADES CONTEES AUX FLAMBEAUX 1

 

 

 

 

IMG_7442 ISLN SOLIDAR 08052010 2243 MARATHON NOCTURNE 1

 

 

 

 

IMG_7444 ISLN SOLIDAR 08052010 2245 MARATHON NOCTURNE 2

 

 

 

 

IMG_7463 ISLN SOLIDAR 08052010 3354 MARATHON NOCTURNE CONTROLE

 

 

 

 

IMG_7469 ISLN SOLIDAR 08052010 2304 NUIT D'ECHECS 1

 

 

 

 

IMG_7475 ISLN SOLIDAR 08052010 2349 BAR 1

 

 

 

 

IMG_7478 ISLN SOLIDAR 08052010 2314 BAR  2


10/05/2010

ISLN - INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR - JOURNEES DE SOLIDARITE 2010 - 2



--- dedié à ADELINE ---

AUJOURD'HUI ET LES JOURS SUIVANTS

EN VRAC

DES PHOTOS

DES JOURNEES DE SOLIDARITE

A L'INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR

IMG_7384 ISLN SOLIDAR 08052010 1638 MARATHON 1

 

 

 

IMG_7388 ISLN SOLIDAR 08052010 1643 MARATHON 2

 

 

IMG_7389 ISLN SOLIDAR 08052010 1707 MARATHON 3 REPOS

IMG_7393 ISLN SOLIDAR 08052010 1759 DEPART BIATHLON MARCHE NATATION SAINT-PAUL GODINNE 1

 

 

 

IMG_7394 ISLN SOLIDAR 08052010 1800 DEPART BIATHLON MARCHE NATATION SAINT-PAUL GODINNE 2

 

 

 

IMG_7398 ISLN SOLIDAR 08052010 1812 MARATHON 4

 

 


 IMG_7405 ISLN SOLIDAR 08052010 1813 MARATHON 5

 

 

 

IMG_7412 ISLN SOLIDAR 08052010 1816 MARATHON 6


 

09/05/2010

ISLN - INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR - JOURNEES DE SOLIDARITE 2010 - 1


POUR ADELINE

AUJOURD'HUI ET LES JOURS SUIVANTS

EN VRAC

DES PHOTOS

DES JOURNEES DE SOLIDARITE

A L'INSTITUT SAINT LOUIS NAMUR

IMG_7348 ISLN SOLIDAR 08052010 1600 DEMARRAGE

 

 

 

IMG_7357 ISLN SOLIDAR 08052010 1613 DISCOURS DE MOTIVATION

 

 

 

IMG_7366 ISLN SOLIDAR 08052010 1624 DANSE DE GUERRE EN MODE BOUSCULADE

 

 

 

IMG_7372 ISLN SOLIDAR 08052010 1629 MELANIE RICHARD

 

 

 

IMG_7378 ISLN SOLIDAR 08052010 1633

11/04/2010

FLORALIES 2010 AU CHÄTEAU DE GRAND-BIGARD


FLORALIES 2010
AU CHATEAU DE
GRAND-BIGARD

IMG_7196 Floralies 2010 Château Grand Bigard Rue van Severen 5




IMG_7201 Floralies 2010 au Château Grand-Bigard Rue Van Beveren 5


17:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : expositions

19/03/2010

BIP2010 LIEGE - le mercredi 17 mars 2010 (3/8)


  • BIENNALE INTERNATIONALE DE PHOTOGRAPHIE
  • A LIEGE

TROISIEME SITE : LE MUSEE DE L'ART WALLON

EXPOSITION DE PHOTOS ET DE VIDEOS

MON OPINION : ASSEZ MEDIOCRE MALGRE LA PRESENCE D'UN PETIT NOMBRE DE BONNES PHOTOS

IMG_7051 Musée de l'Art Wallon BIP2010 1

 

 

 

IMG_7081 Musée de l'Art Wallon BIP2010 2

 

 

 

IMG_7070 Musée de l'Art Wallon BIP2010 3


 

 

15/03/2010

BIP2010 LIEGE (2/8), le lundi 15 mars 2010


BIP2010 LIEGE (2/8)

1. En passant d'abord par le Parc de la Boverie ...

BIP2010 IMG_7011 2 Le faune mordu JEF LAMBEAUX

 

2. Jusque fin avril, on pourra voir l' installation THE CHASE (conçue par le collectif-fact, CH, 2008) présentée sur le rond-point Saint-Nicolas (quartier d'Outremeuse, place de l'Yser, juste en face du Théâtre de la Place).

BIP2010 IMG_7032-1 The Chase au Rond Point St Nicolas


04/03/2010

BIP2010 LIEGE (1/8)


BIP2010

Biennale de photographie à Liège

« Liège ne s’occupe pas souvent de photographie, mais quand ils le font… »

8 sites différents dans la ville

Premier site visité = le MACAM
situé dans le parc de la Boverie
aucune difficulté pour se garer

 

Expo de groupe
Une vingtaine de photographes y montrent leurs meilleurs travaux
Thème : « Tout est sous contrôle »

 

Mon opinion : ça vaut le détour

 

BIP2010 IMG_6935 mardi é mars 2010



07/01/2010

ARISTOTE 25


ARISTOTE à petite dose (25)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu'ils ont été publiés dans l'édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

Pour lire l'ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

Méthode : reproduction de résumé et d'extraits (en italiques)

Mes objectifs

  • 1. Réunir les différentes idées d'Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.
  • 2. En découvrir l'organisation intérieure et les liens hiérarchiques.
  • 3. Formuler les questions qu'Aristote se posait.
  • 4. Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

CINQUIÈME PARTIE : LA JUSTICE

1. Objectifs généraux de l'enquête

Examiner (1) quelles action la justice et l'injustice mettent en cause, (2) quelle sorte de moyenne constitue la justice, (3) entre quels extrêmes se situe la justice.

 

2. Préliminaires

 

2.1. Principes de base : justice et injustice sont des états qui inclinent à agir d'une certaine façon

 

2.2. Ces états sont contraires

Une capacité ou une science permet de faire ou de connaître des choses contraires, alors qu'un état qui a un contraire, n'entraîne pas des contraires.

 

2.3. Les façons de connaître ces états

On peut connaître un état qui a un contraire à partir de ce contraire, ou à partir de son sujet (= celui qui possède cet état).

 

2.4. Ces états sont entendus chacun de plusieurs façons

S'il se trouve que le mot « justice » possède plusieurs significations, alors le mot « injustice » en possèdera plusieurs aussi.

 

3. Le légal et l'inégal

Ce qui est juste, c'est ce qui est légal et ce qui est équitable, tandis que ce qui est injuste, c'est ce qui est illégal et ce qui est inéquitable.

 

3.1. Remarques sur la cupidité

3.1.1. Les biens qui en sont l'objet

Un homme injuste car cupide poursuit l'acquisition de biens qui, pris simplement, sont des biens mais qui ne le sont plus pour lui.

 

3.1.2. Les maux qui en sont l'objet

Un homme cupide ne prend pas toujours trop. Il prend trop peu quand il s'agit des choses qui, prises simplement, sont des maux. Dans ces cas, le moindre mal paraît un bien et ainsi notre homme opportuniste passe pour un cupide et un inéquitable.

 

4. La justice légale ou la vertu globale

Celui qui transgresse la loi est injuste, celui qui la respecte, est juste. Il s'ensuit que ce qui est légal, est juste d'une certaine façon. Aristote dit clairement : les prescriptions définies par le législatif sont légales et chacune d'elles est juste.

 

4.1. Est juste ce qui assure le bonheur des citoyens

Les lois visent à produire et à garder le bonheur et ses parties constituantes au profit de la communauté des citoyens.

 

4.2. Cette justice est la vertu finale

Les lois prescrivent ce que doit faire un homme courageux, un homme tempérant, un homme doux. Il en va de même pour toutes les autres vertus. Les lois fournissent des prescriptions correctes si elles sont établies correctement, et des prescriptions mauvaises si elles ont été improvisées. Ainsi donc la justice constitue la vertu finale de l'homme dans ses rapports avec autrui.

 

4.3. Elle implique un comportement vertueux envers autrui

« La justice sert les intérêts d'un autre quand elle nous fait agir, que cet autre soit au pouvoir ou membre comme nous de la communauté. Ainsi donc, le pire individu est celui dont la méchanceté s'exerce autant contre lui-même qu'envers ses proches, mais le meilleur n'est pas celui dont la vertu s'exerce envers lui-même : c'est au contraire celui qui l'exerce envers autrui, car ce comportement représente une tâche difficile. »

 

4.4. Conclusion

« Cette forme de vertu n'est pas une partie de la vertu, mais la vertu dans sa totalité, et son contraire, l'injustice, n'est pas une partie du vice mais le vice intégral.»

 

5. La justice comme équité ou vertu partielle

5.1. Indices d'une forme spécifique d'injustice

(a) commettre des actes de méchanceté sans faire preuve de la moindre cupidité

(b) supposons un adultère qui obéisse à l'appât du gain et tire profit de sa liaison, tandis qu'un autre, pour pouvoir céder à la concupiscence, doit payer « le prix » : le premier est un cupide, un injuste mais pas un intempérant ; le second est un intempérant, non pas un cupide.

 

il existe donc une forme d'injustice différente de l'injustice globale, qui est une partie de celle-ci mais qui porte le même nom

 

5.2. Cette justice partielle est l'équité

Ce qui est inéquitable, est toujours illégal, mais ce qui est illégal n'est pas toujours inéquitable. L'injustice ne coïncide pas avec l'illégal, donc il existe une justice partielle et une injustice partielle.

 

6. Ce qu'il faut approfondir

6.1. La justice globale : note supplémentaire

La plupart des actes sanctionnés par des la loi correspondent à ce que prescrit la vertu globale.

 

6.2. La justice partielle représente deux formes à examiner

(a) la justice distributive dans la répartition des biens, des richesses et des honneurs

(b) des actes consentis opposés aux affaires non-consenties

 

7. La justice distributive

7.1. L'équitable est un milieu

Là où il y a de place pour le trop ou le trop peu, il doit y avoir de la place aussi pour le milieu qui est l'équitable et le juste.

 

7.2. L'équitable implique au moins quatre termes

c.-à-d. au moins 2 parts à comparer et au moins 2 personnes à qui les attribuer.

 

7.3. L'équitable suppose une double égalité

Des parts égales pour des personnes égales. Si les personnes ne sont pas égales, elles ne peuvent obtenir des parts égales. Ce qui est juste dans le partage doit, tout le monde le reconnaît, refléter un certain mérite ?

 

7.4. L'égalité proportionnelle est la justice distributive

Ce qui est juste, c'est quelque chose de proportionnel

 

7.4.1. Les différents types de proportions distingués en mathématiques

Le rapport A à B est aussi celui de C à D. Aussi valable : le rapport A à B est aussi le rapport B à C. Toujours 4 éléments au minimum.

 

7.4.2. La proportion dans le cas du juste

C'est le proportionnel qui constitue le milieu. Le rapport A-B est égal au rapport C-D et le rapport A-C est égal au rapport B-D

 

7.5. L'injustice correspondante

Ce qui est injuste, c'est ce qui est disproportionnel, aussi bien quand il s'agit de partager des biens ou des maux. En ce qui concerne les maux, le moindre mal fonctionne comme un bien.

 

8. La justice corrective

Cette forme de justice se rencontre dans les rapports contractés entre hommes, qu'ils soient consentis ou qu'ils ne le soient pas.

8.1. Le correctif exige une proportion arithmétique

Dans le cas précédent, il s'agit d'une proportionnalité selon la contribution personnelle à la richesse commune. Ici il s'agit d'une proportionnalité arithmétique. Dans les rapports contractés entre hommes, ce qui est juste exprime une sorte d'égalité mais cette égalité ne traduit pas la proportionnalité du cas précédent.

 8.2. Le correctif dans la justice

8.2.1. La justice corrective ne considère que le dommage

La qualité (homme honnête ou homme vilain) des personnes impliquées n'a aucune importance. Ce qui a de l'importance, c'est la réparation du dommage encouru.

 8.2.2. Elle rétablit l'égalité

Lorsqu'on subit un traitement injuste, on subit une inégalité et le juge doit s'efforcer de rétablir l'égalité initiale en « retranchant quelque chose du profit », expression pas tout à fait adéquate, Aristote en convient lui-même. Le moyen terme entre un certain profit et une perte, ce qui est juste dans les rapports qui échappent au consentement, c'est de maintenir l'égalité avant et après.

8.2.3. Le juste correctif est un milieu

Trop de bien et trop peu de mal représentent un profit, alors que trop de mal et trop peu de bien représentent un dommage. Ce qui est juste, à titre de correctif, c'est le milieu entre perte et profit.

8.2.4. Comment rétablir l'égalité ?

Aristote réduit cette question à un truc mathématique : il prend une ligne AB qui consiste de 2 segments AC et CB dont AC > CB. Il retranche du segment AC juste ce qu'il faut et l'ajoute à CB de sorte que les 2 nouveaux segments soient égaux !!!


04/01/2010

ARISTOTE VERSION COPIER-COLLER PARTIE 1, 2, 3 et 4


ARISTOTE à petite dose
ÉTHIQUE A NICOMAQUE

VERSION à COPIER-COLLER

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 Pour lire l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

 Mon objectif

1.  Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.  En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.  Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.  Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

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PRÉAMBULES

 

1. Le bien suprême : fin de la discipline maîtresse entre toutes

Aristote écrit : « Toute technique et toute démarche méthodique – mais il en va de même de l’action et de la décision – semble viser quelque chose de bon. C’est pourquoi l’on a eu cette belle déclaration : le bien, c’est la visée de tout. (…) Mais (…) la multiplicité des actions, des techniques et des savoirs engendre aussi la multiplicité des fins (= objectifs à atteindre)… Dans tous les cas, les fins que s’assignent les disciplines maîtresses sont préférables à toutes celles qui leur sont subordonnées. (…) Donc, s’il est quelque fin, parmi celles qui sont exécutables, que nous souhaitons pour elle-même et pour laquelle nous souhaitons les autres, … il est clair que cette fin doit constituer le bien et ce au titre suprême.

 

2. La connaissance du bien suprême : œuvre de la politique

 

Et s’il l’en est ainsi, il faut tâcher de cerner … ce que peut bien être cette fin elle même et d’identifier celui des savoirs ou capacités dont elle est l’objectif. (…) Or, comme on peut l’imaginer, c’est l’objectif de la discipline la plus souveraine et la plus éminemment maîtresse. Et telle est la politique visiblement…Nous voyons que même les plus honorables des capacités lui sont subordonnées, comme la conduite des armées, l’économie, l’art oratoire … le meilleur objectif, en tout cas, et le plus achevé paraît d saisir et de préserver le bien de la cité…

 

3. Remarques sur le mode d’argumentation

 

PREMIÈRE PARTIE : LE BIEN HUMAIN SUPRÊME

 

1. Introduction : un objectif nommé bonheur

 

Aristote écrit : « Quel est le bien placé au sommet de tous ceux qui sont exécutables ? Sur un nom, en somme, la toute grosse majorité tombe d’accord : c’est le bonheur … disent et la masse et les personnes de marque… mais le bonheur, qu’est-ce que c’est ? On entre dans la controverse…. »

 

2. Les opinions touchant le bonheur

 

« Pour certains, …, la réponse est claire et évidente : c’est quelque chose comme le plaisir, la richesse ou l’honneur, quoique la réponse varie des uns aux autres – et souvent même un individu identique change d’avis, puisque tombé malade, il dit que c’est la santé, et dans l’indigence que c’est la richesse. »

 

2.1. Point de départ : les faits connus de nous

 

« … pour ce qui nous concerne, nous devons partir de données connues de nous-mêmes. Aussi doit-on avoir eu, dans ses habitudes, une belle conduite … . Car, le point de départ, c’est le fait et s’il apparaît suffisamment, on n’aura nul besoin, en outre, du pourquoi. Or celui qui a bénéficié de belles habitudes ou bien possède les principes ou bien peut s’en faire une idée facilement. Quant à celui qui n’est dans aucune de ces deux situations, … celui-là est perdu tout entier.»

 

2.2. Les opinions communes

 

Aristote écrit : « … la conception qu’on a du bien et du bonheur … découle selon toute apparence du mode d’existence que l’on mène.»

 

2.2.1. Le plaisir

 

« Pour la masse et les gens les plus grossiers, c’est le plaisir. Aussi bien l’existence qu’ils aiment est-elle faite de jouissances … la masse se montre complètement servile, préférant une existence de bestiaux. »

 

2.2.2. L’honneur

 

«  De fait, l’existence politique a en somme cela pour fin. Mais l’honneur paraît une chose trop légère par rapport au bien recherché, car il semble dépendre de ceux qui l’accordent, plutôt que de celui qui le reçoit… »

 

2.2.3. La vertu

 

« …s’ils (= les hommes politiques) recherchent l’hommage des hommes sagaces et auprès de ceux dont ils sont connus, c’est aussi pour leur vertu. Il est donc évident que d’après eux, c’est la vertu qui l’emporte…. Cependant, elle apparaît trop peu comme une fin, elle aussi (car) … »

 

2.2.4. La méditation

 

« Quant au troisième mode d’existence, consacrée à la méditation, nous en ferons l’examen dans la suite. »

 

2.2.5. La richesse

 

« La richesse n’est pas le bien recherché puiqu’elle est utile en fonction d’autre chose encore. »

 

2.2.6. Conclusion

 

« … les apparences ne sont pas en leur (= plaisir, honneur, richesse) faveur et beaucoup d’arguments se trouvent accumulés contre eux. Ainsi donc, il faut laisser cela. »

 

2.3. L’opinion des philosophes amis

 

2.3.1. Objections générales à l’idée d’un bien universel

2.3.2. Objections spéciales

2.3.2.1. Les deux sortes de bien

2.3.2.2. Les biens en eux-mêmes ne répondent pas à une seule forme idéale

2.3.3. Objection définitive : l’inutilité d’un bien idéal

2.3.3.1. Objection

2.3.3.2. Réfutation

 

Nous laissons le bloc de texte 2.3. pour ce qu’il est, c’est à dire une réfutation des opinions de son ami et professeur Platon en ce qui concerne l’existence ou même l’utilité de l’existence d’une Idée du Bien en soi qui serait universel, un, d’une seule forme idéale, utile à tout le monde, une sorte de source créatrice céleste de toutes les formes de bien sur terre … . Après cette mise à mort, Aristote reviendra à ses propres arguments rationnels.

 

3. Arguments rationnels

3.1. Clarification d’un point acquis

 

Aristote écrit : « Puisqu’il apparaît différent d’une action à une autre, et d’une technique à une autre, puisque c’est une chose différente en médecine, dans la conduite des armées et ainsi de suite, qu’est-ce donc chaque fois que le bien, sinon ce pour quoi l’on exécute tout le reste ? Voilà ce qu’est en médecine la santé, en conduite militaire la victoire… »

 

3.1.1. Clarification : le bien parfait, c’est la fin ultime

 

« Puisqu’il y a manifestement plusieurs fins et que nous en choisissons certaines en raison d’autres (par exemple la richesse), il est évident que toutes ne sont pas finales. Mais le bien suprême, lui, est quelque chose de final visiblement. »

 

3.1.2. La fin ultime, c’est le bonheur

 

« … est simplement final le bien digne de choix en lui-même en permanence et jamais en raison d’un autre. Or, ce genre de bien, c’est dans le bonheur surtout qu’il consiste, semble-t-il. Nous le voulons en effet toujours en raison de lui-même et jamais en raison d’autre chose. »

 

3.1.3. Confirmation : le bonheur se suffit à lui-même

 

« Le bonheur paraît quelque chose de final et d’autosuffisant, étant la fin de tout ce qu’on peut exécuter. »

 

3.2. L’essence du bien suprême

 

« On attend … pour plus de clarté, que soit formulée son essence. Or, on peut rapidement y arriver si l’on parvient à concevoir l’office de l’homme. »

 

3.2.1. L’office de l’homme

 

« De même que … tout artiste et globalement ceux qui ont un certain office et une certaine action à exécuter semblent trouver, dans cet office, leur bien et leur excellence, de la même façon, on peut croire que l’homme aussi se trouve dans cette situation…»

 

« Ou bien, peut-on poser qu’à l’exemple de l’œil, de la main, du pied et en somme chacun de ses membres, qui ont visiblement un office, l’homme aussi en a un, à côté de tous ceux-là ? Alors, que peut-il donc bien être ? »

 

« (a) Vivre … constitue manifestement un office qu’il a en commun avec les plantes … or on cherche ce que lui est propre …(b)  il aurait une vie sensitive … elles est commune au cheval, au bœuf… (c) Reste donc une certaine vie active à mettre au compte de ce qu’il a de rationnel, c’est-à-dire ce qui, d’un côté, obéit à la raison et, de l’autre, la possède et réfléchit. »

 

3.2.2. La définition du bien humain par le genre et la différence spécifique

 

« … nous soutenons qu’un même office, je veux dire un même genre d’office, appartient à tel individu et à son homologue vertueux, par exemple, au cithariste et au bon cithariste… la supériorité conférée par la vertu s’ajoute à l’office … .  (Donc) le bien humain devient un acte de l’âme qui traduit la vertu… »

 

3.3. Limites de l’argument

3.3.1. C’est une esquisse que chacun peut parfaire

3.3.2. Mise en garde : rappel  des exigences méthodologiques

 

4. Confirmation : retour aux opinions

4.1. Première confirmation : les biens de l’âme

4.2. Deuxième confirmation : le bonheur et ses composantes

4.2.1. La requête d’une vertu

4.2.2. La requête du plaisir

4.2.3. La requête du beau

4.2.4. La requête des biens extérieurs

 

Dans ce texte, Aristote reprend les opinions populaires concernant le bonheur, y compris les opinions de «’personnages réputés’. Il vérifie si ces opinions sont en accord avec sa théorie. « Ces deux sortes d’opinions ne peuvent logiquement se fourvoyer complètement sur l’ensemble des points. Au contraire, sur un point quelconque au moins, voire sur la grosse majorité, elles doivent correspondre à un jugement correct. ». Ces opinions parlent des biens de l’âme, de la vertu, de la requête du plaisir et du beau, des biens extérieurs (richesse, pouvoir politique, une famille honorable, de bons enfants…). Aristote trouve que ses arguments sont en accord avec ceux-là.

 

5. le bonheur dépend de nous

Je résume : le bonheur, serait-ce un don des dieux, de la fortune, ou viendrait-il de nous ?

5.1. Un bien divin

Aristote dit clairement que ce livre n’est pas le lieu pour discuter des dons des dieux si ces dons existent. Il concède seulement que le bonheur est un don divin, au sens de  la métaphore, et proche de la félicité.

5.2. Un bien indépendant de la fortune

Aristote écrit : « confier ce qu’il y a de plus grand et de plus beau à la fortune serait par trop étourdi. »

5.3. Confirmations

Dans ce paragraphe, il rappelle des éléments divers, par exemple

Ø que le bien suprême est une activité de l’âme qui doit à la vertu une certaine qualité,

Ø que la politique met le plus grand soin à faire que les citoyens possèdent certaines qualités, qu’ils soient bons et en mesure d’exécuter ce qui est beau,

Ø que les enfants ne peuvent pas être considérés comme heureux car incapables de faire de telles actions

 

6. Le bonheur est définitif

Il dit que le bonheur n’a rien en commun avec la ‘roue’ de la fortune. Cela implique-t-il qu’on ne peut déclarer quelqu’un heureux après sa mort ?

 

6.1. Le bonheur ne peut être rejeté après sa mort

Cette hypothèse lui semble complètement déplacée car il défend l’idée que le bonheur est une sorte d’activité

 

6.2. Le bonheur ne pourrait être affecté après la mort

Réaction contre Solon. Aristote trouve étrange que la personne décédée partage encore les vicissitudes de sa descendance et à certains moments accède au bonheur, puis à d’autres, retourne à la misère.

 

6.3. Le bonheur est stable

Aristote remarque : « En fait, si l’on ne veut pas déclarer heureux les gens en vie, c’est en raison des vicissitudes de la vie et parce qu’on se fait du bonheur l’idée d’une chose ferme et malaisée à renverser de quelque façon que ce soit, alors que la roue de la fortune tourne souvent pour les mêmes individus. Il est clair, en effet, que si nous suivons pas à pas les caprices de la fortune, nous allons souvent dire que le même individu est heureux ou malheureux tour à tour, donnant de l’homme heureux l’image d’une sorte de caméléon … »

 

6.4. La stabilité du bonheur ne tient pas à la fortune mais à l’activité vertueuse

« … s’en remettre aux caprices de la fortune est incorrect de toutes façons. Ce n’est pas à eux que tient le fait de vivre bien ou mal ; Au contraire, ils offrent les supplément dont a besoin l’existence humaine … et ce qui en décide souverainement, ce sont les actes vertueux … aucune des œuvres humaines ne présente autant de solidité que les activités qui sont vertueuses. Elles sont … plus stables que les sciences, semble-t-il. »

 

6.5. Le bonheur n’est pas assombri par des infortunes graves

« … les revers … ils entament et gâtent la félicité car ils accumulent chagrins et obstacles à bien des activités. Et pourtant, même dans ces cas, on voit dans tout son éclat ce qui est beau, chaque fois que quelqu’un supporte sans aigreur des infortunes nombreuses et de taille, non par insensibilité à la douleur, mais parce qu’il possède noblesse et grandeur d’âme. »

 

6.6. L’infortune, même grave, ne fait pas le misérable

« … l’homme véritablement bon et sensé, croyons-nous, supporte tous les caprices de la fortune en faisant bonne figure et tire de ce qui est à sa disposition de quoi toujours accomplir les plus belles actions, exactement comme un (bon) chef militaire … »

 

6.7. Le bonheur peut exister sans une félicité constante

6.8. Le bonheur est très diversement affecté par la fortune des proches

6.9. Le bonheur des défunts est pratiquement hors d’atteinte

 

7. Le bonheur est au-dessus des vertus louables

7.1. Les qualités louables

7.2. Le bonheur dépasse le louable

7.3. Conclusion : le bonheur tient de l’honorable

 

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DEUXIÈME PARTIE : LA VERTU

 

1. Introduction : raisons d’examiner la vertu

Aristote écrit : « … dès lors que le bonheur est une certaine activité de l’âme exprimant la vertu finale, il faut accorder à la vertu un examen car ainsi nous pourrons encore mieux voir ce qu’il en est du bonheur. »

 

2. Préliminaires : l’âme humaine

 

2.1. Besoin d’une certaine connaissance de l’âme

« Mais la vertu à examiner est la vertu humaine … Or, on appelle vertu humaine, non celle du corps mais celle de l’âme ; et d’ailleurs, le bonheur est une activité de l’âme. »

 

2.2. Des conceptions courantes suffisent

« car pousser plus (donc : trop) loin le souci de rigueur est un labeur qui excède ses ( = d’Aristote) projets ; »

 

2.3. L’irrationnel et le rationnel

« … l’âme a une part irrationnelle et une part qui détient la raison … »

 

2.4. Les deux aspects de l’irrationnel

2.4.1. Le végétatif et sa vertu non humaine

« De son côté, l’irrationnel … a l’air d’être commun à tous les vivants et d’appartenir aux plantes. je veux parler de la part qui est responsable de la nutrition et de la croissance … é cette capacité-là correspond une certaine vertu commune qui, manifestement, n’est pas humaine. Il semble que ce soit durant les périodes de sommeil que s’active le plus la partie de l’âme en question ou cette capacité. Or, la période ou l’homme bon et le méchant se distinguent avec le moins d’évidence, est celle du sommeil. »

 

2.4.2. L’appétitif qui s’oppose à la raison

« Cependant… il y a encore dans la nature de l’âme, une autre partie irrationnelle qui, elle, participe toutefois de la raison par un côté. … Prenons le continent et l’incontinent. Nous louons leur raison à tous deux ou la partie rationnelle de leur âme, parce que ses injonctions sont correctes et qu’elle invite aux actions les meilleures. Mais manifestement, il y a aussi en eux une autre chose, naturellement distincte de la raison, qui est en conflit avec elle et qui lui résiste… »

 

2.4.3. Cet irrationnel est susceptible d’obéir à la raison

Cette ‘irrationalité rationnelle’ … « est aux ordres de la raison chez le continent et peut-être est-elle plus encore à son écoute chez le tempérant et le courageux, puisque, en tout, chez eux, elle s’accorde à la raison. » 

 

2.4.4. Conclusion : l’irrationnel rationnel

« Visiblement, l’irrationnel lui-même est double, puisque le végétatif n’a d’aucune façon part à la raison, tandis que l’appétitif ou globalement le désidératif y participe d’une certaine façon, c’est à dire dans la mesure où il est à son écoute et prêt à lui obéir… S’il faut soutenir que cette partie de l’âme est, elle aussi, rationnelle, il y aura dès lors deux parties rationnelles : l’une, au sens fort, qui possède la raison en elle-même, et l’autre qui est susceptible de l’écouter d »une certaine façon, comme on écoute son père. »

 

2.5. Vertus morales et vertus intellectuelles

« … les distinctions qu’appelle la vertu s’opèrent d’après cette différence. Nous disons en effet qu’il y a des vertus intellectuelles et des vertus morales, que la sagesse, la compréhension, la sagacité sont d’ordre intellectuel, mais la générosité et la tempérance, d’ordre moral. »

 

3. D’où viennent les vertus ?

 

3.1. La vertu morale est le fruit de l’habitude, non de l’enseignement

Aristote écrit : « Si elle (= la vertu) est intellectuelle, c’est en grosse partie à l’enseignement  qu’elle doit de naître et de croître. C’est précisément pourquoi elle a besoin d’expérience et de temps. Mais si elle est morale, elle est le fruit de l’habitude. C’est même de là qu’elle tient son nom… »

 

3.2. Elle n’est pas donné naturellement

« … aucune des vertus morales ne nous est donnée naturellement. »

 

3.2.1. Premier argument

« En effet, rien de ce qui est naturel ne se modifie par habitude. Ainsi, la pierre qui …ce n’est ni naturellement, ni contre nature, que nous sont données les vertus. Au contraire, la nature nous a faits pour les recevoir, mais c’est en atteignant notre fin que nous les acquérons, par le moyen de l’habitude. »

 

3.2.2. Second argument

« … tout ce que la nature met à notre disposition, nous l’apportons d’abord sous forme de capacités, et ensuite nous y répondons par nos actes, comme on le voit précisément dans le cas des sens …les vertus, nous les tirons d’actes préalables, comme c’est le cas des techniques … c’est en bâtissant qu’on devient bâtisseur … c’est en exécutant des actes justes que nous devenons justes … . »

 

3.2.3. Confirmation

« En témoigne d’ailleurs encore ce qui se passe dans les Cités … »

 

3.3. Similitude entre les actions et les états qui en procèdent

« … bien bâtir fera de bons bâtisseurs, et mal bâtir de mauvais. S’il n’en allait pas de la sorte, on n’aurait nul besoin de quelqu’un pour enseigner le métier ; tout le monde, au contraire, serait né bon artisan ou mauvais. … Tel est donc aussi le cas des vertus. … il y a similitude entre les actes et les états qui en procèdent. »

 

3.4. Conclusion : l’importance des premières habitudes

« L’importance de contracter telle ou telle habitude dès la prime jeunesse n’est donc pas négligeable, mais tout à fait décisive … »

 

4. Comment agir vertueusement

« Dès lors donc que le présent travail n’a pas pour but, comme les autres, l’élaboration d’une théorie (ce n’est pas en effet pour savoir ce qu’est la vertu que nous nous livrons à un examen, mais pour devenir bons …) il est nécessaire de considérer la particularité des actions en s’interrogeant sur la manière dont il faut accomplir celles-ci, puisque ce sont elles qui déterminent souverainement jusqu’aux qualités acquises par les états, ainsi que nous l’avons dit. »

 

4.1. Hypothèse commune et préalable

« Telle étant donc la question, « agir selon la raison correcte » est la réponse commune et c’est l’hypothèse qu’il faut retenir. On dira … plus tard … ce qu’est la raison correcte et son rapport aux autres vertus. »

 

4.2. L’équilibre entre l’excès et le défaut favorise et préserve la vertu

« …on doit, pour ce qui n’est pas clair, prendre à témoin ce qui l’est ; or c’est ce que nous voyons dans le cas de la vigueur et de la santé : en effet, l’excès de gymnastique et son défaut ruinent la vigueur et, pareillement, le boire et le manger en trop grande ou trop petite quantité ruinent la santé, tandis que, en quantité mesurée, ils la produisent, l’accroissent et la conservent. … Pareillement, celui qui jouit de chaque plaisir et ne se garde d’aucun, devient intempérant, tandis que celui qui les fuit tous, comme font les rustres, devient quelqu’un d’insensible. »

 

 

4.3. L’équilibre renforce les capacités

« … si l’on devient vigoureux à force de prendre beaucoup de nourriture et d’assumer de nombreuses tâches pénibles, il est vrai aussi qu’on sera surtout capable de faire cela si l’on est vigoureux. … c’est ce qui s’observe également dans le cas des vertus … lorsque nous prenons l’habitude de mépriser ce qui fait peur et de l’affronter, nous devenons courageux et c’est une fois que nous le serons devenus que nous serons surtout capables d’affronter ce qui fait peur. »

 

4.4. Le plaisir manifeste l’état vertueux

« … on doit tenir pour indices des états vertueux, le plaisir ou le chagrin qui s’ajoutent aux œuvres entreprises. Qui se garde … des plaisirs corporels et trouve à cela même de la joie, est tempérant, tandis que celui qu’indispose cette réserve est intempérant. »

 

 

5. La vertu morale met en jeu plaisir et chagrin (les arguments)

 

a. « Plaisirs et chagrins sont … en jeu lorsqu’il s’agit de vertu morale,  car c’est le plaisir qui nous fait commettre les mauvaises actions et c’est  la peine qu’elles nous causent qui nous fait nous abstenir des belles. »
Aristote rappelle l’importance de l’éducation : « dès la prime jeunesse, il faut apprendre à se réjouir et à se chagriner à bon escient. »

 

b. Les vertus mettent en jeu actions et affections, lesquelles mettent en jeu plaisir et chagrin. Donc, la vertu doit mettre en jeu plaisir et chagrin.

 

c. Les châtiments et sanctions, qui recourent aux mêmes moyens de plaisir et de chagrin, suggèrent cela également.

 

d. La vertu est l’état, quand plaisirs et chagrins sont en jeu, de nature à faire exécuter ce qu’il y a de mieux, tandis que le vice c’est le contraire.

 

e. « Il y a trois choses, en effet, qui entrent en ligne de compte dans nos choix et trois aussi dans nos refus : le beau, l’utile et l’agréable, dont les contraires sont le laid, le nuisible et le désagréable. En tout cela, l’homme bon est du genre qui réussit à se comporter correctement, tandis que le vivieux est du genre de s’égarer. Mais c’est surtout le cas quand le plaisir est en question car celui-ci, …, accompagne tout ce qui peut faire l’objet d’un choix. Le beau et l’utile, en effet, ont une apparence agréable. »

 

f. « De plus, dès le berceau, nous avons tous connu le plaisir qui a grandi avec nous … »

 

6. Conditions des actes vertueux (approfondissement)

 

6.1. Difficulté : comment distinguer une belle action  d’un acte vertueux?

« Mais on peut se demander ce que nous voulons dire en affirmant qu’on doit exécuter ce qui est juste pour devenir juste et ce qui est tempérant pour devenir tempérant. En effet, si l’on exécute ce qui est juste et tempérant, c’est qu’on est déjà juste et tempérant ! De même si l’on écrite et fait de la musique, c’est qu’on sait écrire et qu’on est musicien. »

 

6.2. Réponse : les traits distinctifs d’un acte vertueux

 

« On ne sera … quelqu’un qui sait écrire qu’au moment où, traçant des lettres, on le fait à la manière de celui qui sait le faire, c’est-à-dire en manifestant l’art d’écrire qui est en soi-même. … Mais il est en plus une différence entre les techniques et les vertus. … Les actions que produisent les vertus, même si elles possèdent telle ou telle qualité, ne sont pas … des actions de justice ou de tempérance. Au contraire, il faut encore que l’agent les exécute dans un certain état : d’abord, il doit savoir ce qu’il exécute, ensuite, le décider et, ce faisant, vouloir les actes qu’il accomplit pour eux-mêmes ; enfin, troisièmement, agir dans une disposition ferme et inébranlable. … Et ce sont elles précisément (les deux dernières, note à moi) qui surviennent à force d’exécuter souvent ce qui est juste et tempérant.»

 

6.3. Conclusion

«On a donc bien raison de dire que c’est à force d’exécuter ce qui est juste qu’on devient juste … Et sans agir de la sorte, nul n’a la moindre chance de devenir bon.»

 

6.4. Vanité de la philosophie sans des habitudes vertueuses

«Mais voilà ! La plupart n’agissent pas ainsi et cherchent refuge dans l’argumentation, croyant se concentrer à la philosophie et ainsi pouvoir être vertueux. Ils font un peu comme les personnes souffrantes qui écoutent attentivement parler leurs médecins, mais ne font rien de ce qu’ils prescrivent.» 

 

 

7. Nature de la vertu

« Mais il faut ensuite considérer ce qu’est la vertu. »

 

7.1. Parmi les traits de l’âme, quel est son genre?

« Dès lors donc que l’âme donne lieu à trois choses : des affections, des capacités des états. la vertu doit être l’une de ces choses.

De par affection, j’entends : appétit, colère, crainte, intrépidité, envie, joie, amour, haine, tristesse, jalousie, pitié… en somme ce qui entraîne à sa suite plaisir et chagrin.
Par capacités : ce qui fait dire que nous sommes enclins à ses affections, par exemple, que nous sommes capables de colère ou de chagrin ou de pitié.
 Et par états : ce qui fait que nous sommes, relativement à ces affections, dans des bonnes ou de mauvaises dispositions. Si, par exemple, nous avons pour la colère de fortes ou de faibles dispositions, nous sommes mal disposés, mais si nous y sommes moyennement disposés, c’est une bonne disposition. Et il en a de même relativement aux autres affections. »

 

7.1.1. La vertu n’est pas une affection

« Ainsi donc, pas question de tenir pour des affections les vertus, ni les vices, (a ) parce que ce ne sont pas les affections qui nous font taxer de vertueux ou de vicieux, alors que les vertus ou les vices nous valent ces étiquettes.
Et aussi, (b) parce que les affections ne nous valent ni louanges ni blâmes. On ne loue pas, en effet, celui qui éprouve la peur … non plus celui qui se met simplement en colère, mais celui qui le fait dans certaines conditions. En revanche, les vertus et les vices nous valent louanges et blâmes.
(c) En plus, nos accès de colère et de peur ne sont pas décidés, tandis que les vertus correspondent à certaines décisions ou du moins ne vont pas sans elles.
(d) Et de surcroit, les affections nous font dire que nous sommes remués… »

 

7.1.2. La vertu n’est pas une capacité

« Or, pour ces raisons, ce ne sont pas non plus des capacités … »

 

7.1.3. La vertu est un état

 

7.2. Quelle est la différence dans ce genre ?

« On doit cependant ne pas se borner à déclarer qu’elle est un état, mais encore indiquer quelle sorte d’état. »

 

7.2.1. L’état qui parfait l’office de l’homme

« la vertu de l’œil fait que l’œil est parfait et remplit bien son office, car la vertu de l’œil fait que nous voyons bien. … Dès lors, s’il en va de la sorte dans tous les cas, la vertu de l’homme doit aussi être l’état qui fait de lui un homme bon et qui lui permet de bien remplir son office propre. »

 

7.2.2. Comment est-ce possible ?

7.2.2.1. Le milieu jugé relativement à nous

« le milieu déterminé relativement à nous, c’est ce qui n’est pour nous, ni trop ni trop peu : or ce milieu n’est pas une chose unique, ni la même pour tous. »

 

7.2.2.2. La vertu fait viser le milieu

« Ainsi, quiconque s’y connaît fuit alors l’excès et le défaut. Il cherche au contraire le milieu et c’est lui qu’il prend pour objectif. Et ce milieu n’est pas celui de la chose, mais celui qui se détermine relativement à nous. »

 

7.2.3. Donc, la vertu morale est une moyenne

« Je parle de la vertu morale, car c’est elle qui concerne affections et actions. Or, dans ce domaine, il y a excès, défaut et milieu. Exemple : on peut se montrer intrépide, nourrir des appétits, s’irriter, s’apitoyer et, en somme, éprouver du plaisir et du chagrin, tantôt plus, tantôt moins et, dans les deux cas, sans que ce soit à bon escient : mais le faire quand on doit, pour les motifs, envers les personnes, dans le but et de la façon qu’on doit, constitue un milieu et une perfection ; ce qui précisément relève de la vertu. – Et pareillement, dans les actions, il y a aussi excès, défaut et milieu. »

 

7.2.4. Cette moyenne est une excellence

 

7.3. Définition de la vertu

Par conséquent, la vertu est un état décisionnel qui consiste en une moyenne, fixée relativement à nous. C’est sa définition formelle et c’est ainsi que la définirait l’homme sagace. D’autre part, elle est une moyenne entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut ; et cela tient encore au fait que les vices, ou bien visent en deçà, ou bien vont au-delà de ce qui est demandé dans les affections et les actions, alors que la vertu découvre le milieu et le choisit. »

 

7.4. Précisions

7.4.1. La vertu est par ailleurs une extrémité

« La vertu est une moyenne mais dans l’ordre de la perfection et du bien, elle constitue une extrémité. »

 

7.4.2. Le mal sans excès ni défaut

« D’autre part. il n’y a pas dans tout genre d’action ou d’affection une moyenne à trouver. Quelques-unes, en effet, ont un nom qui, d’emblée, les associe à la perversité : par exemple … l’impudence, l’envie et, parmi les actions, l’adultère, le vol. le meurtre. »

 

8. Aperçu des dispositions particulières

 

Ici, Aristote annonce un virement. Sa définition de la vertu, à l’aide du schéma défaut – excès – moyenne est ‘universelle’, donc abstraite et creuse, et doit être confrontée aux actions et faits particuliers car les définitions qui portent sur le particulier « font mieux voir la vérité ».

 

8.1. Quand sont en jeu la peur et l’intrépidité

Il y sera question du courage, de la témérité, de l’intrépidité et de la lâcheté.

 

8.2. Quand sont en jeu les plaisirs et les peines

Il parlera de l’intempérance et de la tempérance.

 

8.3. Quand sont en jeu les questions d’argent

8.3.1. S’il s’agit de petites sommes

Aristote annonce des précisions rigoureuses au sujet de la générosité, la prodigalité et de l’avarice.

 

8.3.2. S’il s’agit de grandes sommes

Il traitera de la magnificence, de l’ostentation, de la vulgarité et la mesquinerie.

 

8.4. Quand sont en jeu les honneurs

8.4.1. S’il s’agit d’honneurs considérables

A l’ordre de jour : l’infamie, la magnanimité, la pusillanimité.

 

8.4.2. S’il s’agit d’honneurs ordinaires

Au centre de l’attention : l’ambition et la modestie

 

8.5. Quand la colère est en jeu

Il sera question de la moyenne qui est la douceur de caractère, de l’excès qui est l’irascibilité, et de l’incapacité de s’irriter. Aristote souligne qu’il n’y a pas toujours un nom ou un mot pour tel ou tel affection ou disposition.

 

8.6. Quand sont en jeu les relations sociales

Ici, il annonce trois autres ‘moyennes’ qui n’ont pas de vrai nom. Elles concernent les échanges, en paroles ou en actions, de la vie en société, en ce qui concerne le vrai et l’agréable. Là encore, la plupart des dispositions n’ont pas de nom.

 

8.6.1. Sous le rapport du vrai

Il y sera question de franchise, de simulation, d’exagération, de vantardise, de dénigrement et de raillerie.

 

8.6.2. Sous le rapport de l’amusement

Cette sous-division traitera de l’enjouement, de la bouffonnerie et de la rusticité.

 

8.6.3. Sous le rapport de l’agréable en général

Il s’agira de l’agrément dans le reste de l’existence, de l’amabilité, de la complaisance, de la flatterie, et de tous ces gens qu’on peut taxer de désagréable, de fâcheux et de bilieux.

 

8.7. Quand sont en jeu des affections

Dans les affections aussi, il y a place pour des moyennes.

 

8.7.1. La pudeur

Celui qui tient le milieu est pudique, celui qui rougit de tout est pudibond, au contraire de celui qui manque de réserve ou n’a honte d’absolument rien.

 

8.7.2. L’indignation

L’indignation est une moyenne entre l’envie et la jubilation maligne. Ce qui est en jeu, c’est le chagrin ou le plaisir suscités par ce qui arrive aux autres.

 

8.8. D’autres cas

Aristote annonce que la justice et les vertus rationnelles forment des cas à part et seront traité dans des chapitres différents.

 

9. Comment s’opposent les dispositions ?

9.1. Le moyen relativement aux extrêmes

9.2. Les extrêmes entre eux

9.3. Chacun des extrêmes comparé au moyen

 

Aristote explique le jeu formel des oppositions qui règnent entre les trois dispositions de l’âme humaine : défaut, moyenne, excès. Par exemple, les états moyens sont des excès par rapport aux états de défaut et … « si l’on se fie à ce qu’ils (= les gens) disent, le courageux, dans la bouche du lâche, est un téméraire, mais dans la bouche du téméraire, il est lâche. »

 

10. Conclusions

10.1. Résumé

« On a donc dit que la vertu morale est une moyenne et en quel sens ; que c’est une moyenne eontre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut : et que, s’il en va de la sorte, c’est parce qu’eIle fait viser le milieu dans les affections et les actions. »

 

10.2. Difficulté d’être vertueux

« Voilà ainsi pourquoi c’est un travail d’être vertueux car, en chaque chose, c’est un travail de prendre le milieu : ainsi, prendre le milieu du cercle n’est pas à la portée de tout le monde, mais exige le savoir. Or, de la m le façon, si se mettre en colère est à la portée de tout le monde et chose facile. comme de donner de l’argent et en dépenser, en revanche, le faire en faveur de la personne qu’il faut, dans mesure, au moment, dans le but et de la manière qu’il faut, ce n’est plus à la portée de tout le monde ni chose facile. Voilà précisément pourquoi le bien est chose rare et belle. »

 

FIN DE LA 2e PARTIE

 

TROISIÈME PARTIE : CONSENTEMENT, DÉCISION, RESPONSABILITÉ

 

1. Le consentement

 

1.1. Nécessité et utilité de sa définition

« La vertu met donc en jeu des affections et des actions, lesquelles, lorsqu’elles sont consenties, donnent lieu à des louanges ou des blâmes, mais qui lorsqu’elles ne le sont pas, appellent l’indulgence et parfois même la pitié. Ce qui est consenti et ce qui ne l’est pas doivent donc sans doute nécessairement faire l’objet d’une définition…» 

 

1.2. Ce qui n’est pas consenti

« Or semblent non consentis les actes qui s’accomplissent (a) par violence (b) par ignorance. »

 

1.2.1. L’acte accompli par violence

« … semble accompli par violence l’acte dont le principe vient de l’extérieur, un tel principe étant celui où l’on ne trouve aucune contribution de l’agent ou du patient. Ainsi, dans le cas où une bourrasque l’emporte quelque part… »

 

1.2.1.1. Cas litigieux : les choix contraints

« Mais il y a tous les cas où (a) c’est par crainte de plus grands maux qu’un acte est exécuté, (b) ou en raison d’un beau motif. (…) Ces cas sont matière à controverse : sont-ce des actes non consentis ou bien sont-ils consentis?? Et une situation semblable se produit encore dans le cas de cargaisons jetées par-dessus bord dans les tempêtes :à voir en effet les choses simplement, personne, ne se débarrasse de plein gré de sa cargaison, mais pour son propre salut et celui du reste de l’équipage, tous les marins le font s’ils sont intelligents. »     

 

1.2.1.2. Solution : le choix prime la contrainte

« Ainsi donc, de telles actions sont embrouillées, mais elles ont plutôt l’air d’être consenties. (a) Elles font en effet l’objet d’un choix au moment où on les exécute. (b) D’autre part, la fin de l’action est une question d’opportunité, il faut donc aussi se prononcer sur le caractère consenti ou non de l’action au moment où elle s’exécute… »

 

1.2.1.3. Confirmation : louange, indulgence, actes inexcusables

 

1.2.1.4. Conclusions

« Dans quelles conditions (…) faut-il soutenir que des actes sont accomplis par violence ? À voir ces choses simplement, c’est chaque fois que la responsabilité s’en trouve dans les circonstances extérieures et que l’agent n’y contribue en rien. Mais ce qui ce qui, en soi, ne peut être consenti, peut être maintenant préférable en échange de ceci, et son principe se trouve dans l’agent ; ce genre d’acte est donc en soi non consenti, mais consenti maintenant et en échange de ceci. Or s’il a plutôt l’allure des actes consentis, c’est que les actions appartiennent au particulier et que le particulier est ce qui fait l’objet du consentement.»

 

1.2.1.5. L’agréable et le beau ne sont pas des contraintes

 

1.2.2. L’acte accompli par ignorance

« …ce qu’on fait par ignorance exclut toujours le consentement. »

 

1.2.2.1. Ignorance ne veut pas toujours dire : sans consentement

« Toutefois, est non consenti ce qui entraîne du chagrin et implique du regret. En effet, celui qui, par ignorance, a exécuté un forfait quelconque sans éprouver le moindre déplaisir à son action se trouve n’avoir pas exécuté ce forfait en consentant,(…). Mais, par ailleurs, il n’a pas non plus agi contre son consentement si tant est qu’il n’en éprouve pas de chagrin ! Par conséquent, celui qui se trouve au regret d’un acte commis par ignorance semble, lui, l’avoir commis contre son consentement,  tandis que celui qui n’en a pas de regret, son cas est différent et il faut dire seulement qu’il ne l’a pas fait en y consentant. Vu la différence, mieux vaut en effet avoir une expression propre. »

 

1.2.2.2. Agir par ignorance ne veut pas dire agir dans l’ignorance

«  … sous le sous le coup de l’ivresse ou de la colère, on ne semble pas agir par ignorance, mais en raison d’une des affections susdites, c’est-à-dire sans savoir ce qu’on fait et donc dans l’ignorance.
Ainsi donc, tout méchant ignore ce qu’il doit réellement accomplir et ce dont il lui faut se garder ; c’est même en raison de ce genre de déviation que les hommes deviennent injustes et globalement mauvais. Mais le non-consentement dont on veut parler exclut l’hypothèse où l’on ignore son intérêt. En effet, l’ignorance impliquée dans la décision d’agir du méchant n’entraine pas son non-consentement à l’action ; au contraire, elle est seulement responsable de sa méchanceté. D’ailleurs, l’ignorance d’un principe universel ne l’entraîne pas non plus, car elle suscite, à elle seule, le blâme. » 

 

1.2.2.3. Agir par ignorance veut dire dans l’ignorance d’une circonstance particulière

«… ce qui entraîne … le non-consentement, c’est l’ignorance des circonstances particulières où se déroule l’action et qui sont en jeu avec elle. C’est alors, en effet, qu’il y a place pour la pitié et l’indulgence, car celui qui ignore l’une de ces circonstances agit contre son gré.»

 

1.2.2.4. Les circonstances particulières de l’action

« il s’agit de savoir : (a) qui est l’agent, (b) ce qu’il exécute et (c) ce qui est en jeu ou bien fournit à l’action sa matière ; mais parfois aussi (d) par quel moyen on agit (ce peut être, par exemple, à l’aide d’un instrument, (e) dans quelle intention (ce peut être. par exemple pour sa sauvegarde) et (f) de quel manière (ce peut être, par exemple, avec douceur ou avec force). »

 

1.2.2.5. Conclusion

Dès lors que l’ignorance peut être invoquée touchant chacune de ces circonstances que suppose l’action, celui qui n’a pas eu connaissance de l’une d’entre elles se trouve avoir agi. semble-t-il, contre son gré. Et principalement dans les cas où ce sont les circonstances les plus importantes qui ont été ignorées. Or les plus importantes des circonstances que suppose l’action semblent être (c) < la nature de l’acte exécuté ;> et (e) l’intention à laquelle celle-ci répond. » 

 

1.3. Définition de l’acte consenti

« …l’acte consenti sera dès lors, semble-t-il, celui dont le principe réside dans l’agent qui connaît chacune des circonstances particulières que suppose son action. »

 

1.3.1. Ce que suscitent l’ardeur et l’appétit est consenti

 

 

2. La décision

« Mais la distinction entre le consentement et le non-consentement appelle ensuite un exposé sur la décision. Celle-ci, semble-t-il, est en effet une chose très intimement liée à la vertu. » 

 

2.1. La décision n’est pas simplement consentement

« elle (=la décision) ne s’identifie pas au consentement et celui-ci a plus d’extension, puisqu’il est aussi le lot commun des enfants et des autres animaux, alors que la décision ne l’est pas. D’ailleurs nous pouvons dire que les actes exécutés sur le coup sont consentis, mais pas qu’ils traduisent une décision. »

 

2.2. Autres opinions irrecevables

2.2.1. La décision n’est pas l’appétit

2.2.2. La décision n’est pas ardeur

2.2.3. La décision n’est pas le souhait

2.2.4. La décision n’est pas une sorte d’opinion

 

2.3. La décision présuppose la délibération

« Qu’est-ce que la décision dans ces conditions ? Ou plutôt, quel est son trait distinctif, puisque aussi bien elle n’est rien de ce qu’on dit ?
Il s’agit donc d’une chose consentie visiblement ; mais ce qui est consenti n’est pas toujours décidé. Alors, ne s’agirait-il pas de ce qui est préalablement délibéré, puisque la décision s’accompagne de raison et de pensée ? »

 

2.3.1. Qu’est-ce qui n’est objet de délibération ?

Je résume : (a) les interrogations d’un idiot ou d’un dément, (b) les choses éternelles, (c) les choses qui se répètent par nécessité ou par nature, etc.

 

2.3.1.2. On délibère sur ce qui dépend de nous

« Rien de cela ne peut en effet se produire par notre intervention. Mais nous délibérons sur les choses qui sont à notre portée et qui sont exécutables. Or c’est très précisément tout le reste, car les causes de ce qui se produit sont, semble-t-il, la nature, la nécessité, la chance, mais aussi l’intelligence et tout ce qui suppose l’intervention de l’homme ; or les hommes, chaque fois qu’ils délibèrent, portent leur attention sur ce qu’ils peuvent exécuter par eux-mêmes. »

 

2.3.2. On délibère quand l’issue est indéterminée

« Ce qu’on peut faire par nous-mêmes peut ne pas se faire toujours de la même façon ; et c’est tout cela qui est objet de nos délibérations : par exemple, les affaires de médecine ou de finance. … D’ailleurs, s’il y a délibération plutôt dans les domaines techniques que dans les domaines scientifiques, c’est que nous avons plus d’hésitation dans ces domaines.»

 

2.3.3. Délibérer, c’est chercher les moyens d’atteindre une fin

« … nous ne délibérons pas des fins, mais des moyens pour y parvenir. … Une fois qu’on a posé la fin, on regarde la question de savoir comment et par quels moyens on peut l’atteindre et si plusieurs moyens paraissent en mesure de l’atteindre, on examine quel est le plus facile et le plus beau. Mais s’il n’y en a qu’un seul pour arriver à cette fin, on cherche comment il permet d’y arriver et aussi par quel moyen ce moyen en lui-même peut être atteint, jusqu’à pouvoir parvenir au premier moyen dans la chaîne causale, lequel, dans la recherche, est l’ultime chose à découvrir. … la délibération est toujours une recherche. Et le terme ultime dans le processus d’analyse constitue le point de départ dans le processus de réalisation… Il en va de même dans toutes les autres recherches : tantôt on cherche par quel moyen atteindre une fin, tantôt de quelle façon ou par quel autre moyen celui-ci peut être mis en œuvre.»

 

2.3.4. Conclusions

« Il semble donc bien, comme on l’a dit, que l’homme soit le point de départ de ses actions. Du reste, sa délibération porte sur les actes qu’il peut exécuter lui-même. Or ses actions ont pour but d’autres choses. Donc, ce ne peut être la fin qui est objet de délibération, mais les actes qui permettent de l’atteindre.»

 

2.4. Décision et délibération

« En revanche, objet de délibération ou objet de décision, cela revient au même… » 

 

2.5. Définition de la décision

« Or, s’il est vrai que l’objet de la décision est ce que délibération a retenu comme désirable parmi les actes à notre portée, alors la décision doit être le désir délibératif de ce qui est à notre portée. » 

 

2.6. La fin souhaitable : bien apparent ou réel?

2.6.1. Les difficultés

2.6.2. Le bien véritable est souhaité par le vertueux

 

 

 

3. La responsabilité

3.1. La vertu et le vice dépendent de nous

« Si donc l’objet du souhait, c’est la fin et que ceux la délibération et de la décision sont les moyens relatifs à cette fin, alors les actions qui correspondent aux moyens sont conformes. semble-t-il, à la décision, c’est-à-dire sont des actions consenties. Or les actes qui traduisent les vertus sont de cet ordre. C’est donc que la vertu aussi se trouve à notre portée.
Mais pareillement le vice. Car là où il est en notre pouvoir d’agir, il est aussi en notre pouvoir de ne pas agir, et là où il y a place pour le « non », il y a place aussi pour le « oui ». »

 

3.2. La méchanceté est l’effet d’actes méchants

« Car si nul n’est bienheureux contre son gré, en revanche, la méchanceté, elle, est quelque chose à quoi l’on consent. A moins qu’il ne faille mettre en doute que l’homme soit le point de départ de ses actions et leur auteur, exactement comme il est l’auteur de ses enfants. Or, si nous ne pouvions faire remonter nos actes à d’autres points de départ que ceux qu’on trouve en nous, alors les forfaits qui ont en nous leurs points de départ sont, eux aussi, des choses qui dépendent de nous et Ils sont consentis. »

 

3.3. L’usage universel témoigne en ce sens

3.3.1. Il y a une ignorance punissable

« … l’ignorance elle-même, entraîne un châtiment si l’on semble responsable de celle-ci. Ainsi, les ivrognes se voient infliger la double amende au motif que le point de départ de la faute est dans le sujet, puisqu’il est maître de ne pas s’enivrer et que l’ivresse est responsable de l’ignorance. »

 

3.4. On a le caractère qu’on s’est forgé

« Ce sont en effet les activités auxquelles ils (= les hommes) se livrent en chaque domaine qui les rendent tels. On le voit d’ailleurs à ceux qui s’exercent en vue d’un concours ou d’une action quelconque. Ils passent en effet leur temps à des activités en rapport
Ainsi, ignorer que les actes auxquels on se livre en chaque domaine sont à l’origine de nos états relève d’un manque singulier d’observation.

La raison, en plus, se refuse à penser que celui qui agit injustement ne souhaite pas être injuste ou celui qui agit en intempérant ne souhaite pas l’être. Or, si quelqu’un n’ignore pas que les actes qu’il exécute vont le rendre injuste, on peut dire qu’il consent à être injuste. » 

 

3.5. Les mauvaises habitudes enlèvent la possibilité d’être bon

 « …et en tout cas, le souhaiterait-il, l’homme qui est injuste ne cessera pas de l’être à ce prix, c’est-à-dire ne sera pas un juste du fait qu’il le souhaite.
Le malade en effet n’a pas non plus la santé à ce tarif, et dans son cas, il consent à rester malade s’il mène une existence d’incontinent et désobéit à ses médecins. … L’injuste et l’intempérant, de même façon, avaient aussi au départ la faculté de ne devenir ce genre d’individus. »

 

3.6. Les habitudes corporelles témoignent dans le même sens

Celles (=des personnes) en effet qui sont laides de nature, nul ne les flétrit, mais bien celles qui le sont par manque d’exercice et de soin. Et il en va encore de même pour la faiblesse et l’infirmité. Nul donc en effet fera de reproche à un aveugle s’il l’est de nature … les vices corporels qui sont de notre responsabilité font l’objet d’une flétrissure, mais pas dans le cas contraire. Or s’il en va de la sorte, dans les autres domaines également, les vices qui sont flétris seront de notre responsabilité. »

 

3.6.1. Objection

Mais supposons l’argument suivant. Tout le monde vise à ce qu’il lui paraît bon et l’on n’est pas maître de cette représentation ; au contraire, selon qu’il a tel trait distinctif, quel qu’il soit, chacun voit aussi les choses de telle façon.

 

3.6.2. Réfutation

« … si chacun est personnellement responsable en un sens de son état, il sera également lui-même responsable en un sens de sa représentation.
 

3.6.3. Conclusion

« Si donc, comme on le dit, les vertus relèvent du consentement parce que nous sommes personnellement responsables en un sens de nos états et parce que c’est en fonction de nos qualités distinctives que nous posons tel genre de fin, alors les vices aussi relèveront du consentement, car ces cas sont semblables. »

 

3.6.4. Note additionnelle

« Les actions cependant, ne sont pas objets de consentement exactement au même titre que les états. Nos actions, en effet, nous en sommes maitres depuis le début jusqu’à la fin, dès lors que nous en savons les circonstances particulières. En revanche, nos états, nous en maîtrisons le début, mais ce que les circonstances particulières viennent y ajouter nous échappe. C’est comme dans le progrès des faiblesses corporelles. »

 

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FIN DE LA 3e PARTIE

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 

1. Introduction

« … dans leur ensemble, les vertus dont nous avons parlé et esquissé le genre sont des moyennes et des états ; elles ont pour origine les mêmes actions qu’elles engagent d’elles-mêmes à exécuter ; elles sont à notre portée, et relèvent du consentement {et comme le prescrirait la raison correcte)».

 

2. Le courage

« Qu’il y ait une moyenne quand sont en jeu les manifestations de crainte ou d’intrépidité, c’est une évidence déjà notée. »

 

2.1. La crainte

« … nous craignons bien évidemment tout ce qui est effrayant, c’est-à-dire, en un mot, mauvais. C’est précisément pourquoi l’on définit la crainte comme l’appréhension d’un mal ».

 

2.1.1. Les craintes sans rapport avec le courage proprement dit

« Ainsi donc, nous craignons tous les les maux : par exemple l’infamie, la pauvreté, la maladie, l’absence de proches, la mort… Mais tous ne sont pas en cause quand on passe pour être courageux. En effet, il y a un certain nombre de maux qu’on doit craindre, c’est-à-dire qu’il est beau de craindre et mal de ne pas le faire. Ainsi, l’infamie, ….
La pauvreté, pour sa part, n’est peut-être pas une chose qu’on doit craindre, ni la maladie, ni globalement aucun des maux qui ne viennent pas d’un vice  dont on n’est pas soi-même la cause. Mais celui qui n’a pas de peur à cet égard n’est pas pour autant courageux. »

 

2.1.2. La peur des dangers de la guerre

« Devant quel genre de maux redoutables se révèle donc le courageux? Ne sont-ce pas les maux les plus grands ? … le plus redoutable, c’est la mort, parce qu’elle constitue une limite et qu’il n’y a, semble-t-il, plus rien, quand on est mort, qui soit ni bon ni mauvais.
Cependant, on peut penser que ce n’est pas non plus en n’importe quel péril de mort que se révèle le courageux,… N’est-ce pas dans les plus beaux ? Or tels sont les dangers que suppose la guerre. Ils impliquent en effet le plus grand risque et le plus beau. … ajoutons que l’on se montre courageux quand il y a place pour une prouesse … » 

 

2.1.3. La crainte du courageux est humaine

« Quant au redoutable, … iI se présente aussi parfois comme un fléau qui dépasse la mesure humaine… les maux humainement redoutables sont eux-mêmes d’ampleur différente … Le courageux, cependant, est imperturbable autant qu’un homme puisse l’être. »

 

2.1.4. Paramètre (du courage)

« Ainsi donc, il craindra aussi ce genre de maux, mais comme il se doit. Et comme le veut la raison. … Les fautes viennent donc du fait qu’on craint tantôt ce qu’on ne doit pas, tantôt de la manière qu’on ne doit pas, tantôt quand on ne le doit pas ou pour une autre raison de ce genre. Et il en est de même quand sont en jeu les choses qui donnent de l’assurance. »

 

2.2. Le courageux poursuit ainsi ce qui est beau

« Ainsi donc, celui qui affronte dans sa crainte ce qu’il doit et pour la cause qu’il doit – il faut aussi que ce soit comme il doit et quand il doit, et qu’il soit intrépide de la même façon -, celui-là est courageux. »

 

2.3. Les excessifs

« (a) L’excessif par absence de crainte n’a pas de nom …Il doit s’agir toutefois d’une sorte de dément ou d’inaccessible à la douleur…

(b) Celui, en revanche, qui affiche une intrépidité excessive quand sont en jeu des dangers redoutables, est un téméraire. Mais le téméraire passe aussi pour un fanfaron, et pour quelqu’un qui incline à feindre plutôt le courage.
(c) Quant à celui qui nourrit une crainte excessive, c’est un lâche. Il craint en effet ce qu’il ne doit pas et comme il ne doit pas et tous les travers de ce genre lui sont attachés. …Le lâche est donc une sorte de pessimiste puisqu’il craint tout alors que le courageux est tout le contraire, car l’intrépidité est la marque de l’optimiste. » 

 

2.4. Le vrai courage : une moyenne

« Ainsi donc, les mêmes dangers sont partout en jeu, mais le lâche, le téméraire et le courageux adoptent me attitude différente devant eux. Les premiers en effet font preuve d’excès ou de défaut, alors que le dernier tient le milieu et adopte l’attitude qu’il doit : … les courageux sont vifs une fois à l’œuvre mais calmes auparavant »

 

2.4.1. Conclusion

« il est beau de le faire que le courageux prend le parti de faire front, ou parce qu’il est laid de ne pas le faire. En revanche, mourir pour fuir la pauvreté, un chagrin d’amour ou quelque chose de désagréable n’est pas le fait d’un courageux, mais plutôt d’un lâche. C’est mollesse … »

 

2.5. Les formes impropres du courage

2.5.1. Le courage civique

Je résume. Aristote parle des citoyens qui affrontent les dangers en raison des sanctions ou des marques d’opprobre qu’imposent les lois ou parce qu’il y a des honneurs à la clé. Idem pour les subordonnés, des soldats par exemple, qui tiennent leur rang sous la contrainte de leur supérieurs. Aristote résume : ce n’est pas par contrainte qu’on doit être courageux, mais parce que c’est beau.

 

2.5.2. L’expérience professionnelle

Je résume. Il y a des experts dans tous les domaines. Quand il s’agit de la guerre, les experts sont les soldats. Il existe beaucoup de situations sans péril à la guerre. Des soldats les choisissent et font ainsi semblant d’être courageux.

D’autres tirent une grande expérience défensive et offensive de leur expérience technique. Ces soldats semblent courageux mais peuvent vite devenir des lâches quand ils ont l’infériorité du nombre et de l’équipement. Alors, Ils fuient en redoutant la mort plus que la vilenie. Aristote pense que le courageux n’est pas comme ça.

 

2.5.3. L’ardeur

« D’autre part, on rapproche aussi l’ardeur du courage. En effet, semblent être courageux aussi ceux qui, par ardeur, se comportent comme les bêtes sauvages, chargeant les chasseurs qui les ont blessées. …, L’ardeur est un facteur qui incite très fort à affronter les dangers… Ainsi donc, bien que l’action des courageux soit motivée par ce qui est beau, l’ardeur leur sert d’auxiliaire, mais le comportement des bêtes est motivé, lui, par la peine… ceux qui se battent poussés par ce qu’ils éprouvent ainsi, quoique pugnaces, ne sont pas courageux pour autant. Ils n’ont pas en effet pour mobile ce qui est beau et ne se comportent pas de façon raisonnable mais suivent leur affection, bien qu’ils aient une attitude très similaire. »

 

2.5.4. L’optimisme

« Les optimistes ne sont pas non plus courageux, puisque c’est pour avoir souvent vaincu de nombreux adversaires qu’ils sont intrépides dans les dangers… Ils s’imaginent être les plus forts et n’avoir aucun mal à subir… Lle courageux… a pour caractéristique d’affronter tout ce qui est ou paraît redoutable à l’homme, parce que c’est beau et qu’il serait laid de ne pas le faire… C’est précisément pourquoi il semble plus courageux d’être sans peur et imperturbable dans les circonstances où la crainte surgit à l’improviste que dans les circonstances où elle est prévisible. »

 

2.5.5. L’ignorance

« … paraissent encore courageuses les personnes qui sont dans l’ignorance. Et elles ne sont pas loin de celles que soutient l’optimisme. Cependant, elles leur sont inférieures dans la mesure où elles n’ont aucune justification, alors que les autres en ont. C’est précisément pourquoi celles-ci restent à faire front un certain temps tandis que les gens dans l’ignorance, qui se bercent d’illusions, dès qu’ils comprennent qu’il n’en va pas comme ils le soupçonnaient, ils déguerpissent. »

 

2.6. Observations finales

2.6.1. Le courage est pénible

« C’est donc le fait d’affronter les situations pénibles … qui vaut d’être . appelé courageux. Aussi bien le courage est-il chose pénible et à juste titre objet de louanges, puisque c’est plus difficile d’affronter les choses pénibles que de se garder des choses agréables. »

 

2.6.2. Le but du courage est agréable

« Il n’en semblera pas moins que le comportement courageux poursuit une fin agréable, quoique cela soit éclipsé par les circonstances qui l’entourent. Ainsi en va-t-il encore dans les concours gymniques. Les pugilistes … Et le grand nombre de ces coups fait que le but, qui est modeste, paraît n’avoir aucun agrément. Si donc tel est aussi le but que poursuit le courage, la mort et les blessures seront pénibles au courageux et envisagées par lui à contrecœur ; mais il les affrontera parce que c’est beau ou parce que c’est laid de ne pas le faire. »

 

2.6.3. Grandeur du courage

« plus la vertu qu’il possède sera complète et son bonheur parfait, plus la perspective de la mort l’affligera ! Car c’est surtout pour un tel homme que la vie a du prix et lui, qui va être privé des plus grands biens, il le sait. Or c’est cela qui est pénible… Toutes les vertus n’impliquent donc pas une activité agréable, sauf dans lamesure où l’on touche à la fin. »

 

3. La tempérance

« Mais après cette vertu (c.-à-d. le courage), il nous faut parler de la tempérance puisque ce sont là, semble-t-il, les vertus des parties irrationnelles de l’âme. »

 

3.1. Les plaisirs en jeu

« …la tempérance est une moyenne quand sont en jeu des plaisirs… d’ailleurs, son domaine est visiblement le même que l’incontinence. Quel nre de plaisirs est donc en jeu ? »

 

3.1.1. Ce ne sont pas les plaisirs de l’âme

« Il faut … considérer la distinction entre les plaisirs du corps de ceux de l’âme »

3.1.2. Ce ne sont pas tous les plaisirs corporels

« … si la tempérance doit mettre en jeu les plaisirs corporels, malgré tout, ce ne sont pas non plus tout les plaisirs en question. »

Je résume : les plaisirs de la vue, de l’ouïe et de l’odorat ne sont pas concernés. Par contre ceux des parfums et des fumets …

 

« Ces plaisirs, en effet, sont cultivés par les intempérants parce qu’ils leur remettent en mémoire les objets de leur appétit. On peut d’ailleurs voir que les autres personnes aussi, quand elles ont faim, prennent plaisir aux odeurs des aliments. Or c’est ce genre de plaisirs qui sont caractéristiques de l’intempérant, car ce sont les objets de son appétit. »

 

3.1.2.1. Confirmation

« Il n’y a pas non plus d’ailleurs, chez les autres animaux, de plaisir correspondant à ces sens-là… »

 

3.1.3. Ce sont les plaisirs du toucher et du goût

« le genre de plaisirs que mettent en jeu la tempérance et l’intempérance sont précisément ceux que partagent les autres animaux, d’où leur apparence servile et bestiale. Donc, ce sont les plaisirs du toucher et du goût.»

 

3.1.4. Le plaisir du toucher compte plus que le goût

Je ne peux m’empêcher de citer le paragraphe entier.
« Il apparaît cependant que même le goût compte peu dans l’affaire, voire pas du tout. Le goût en effet sert à discriminer les saveurs, comme le font les taste-vin ou les préparateurs de plats. Or ce n’est pas vraiment cela, ni même du tout cela, qui fait le plaisir des intempérants. C’est au contraire la jouissance qui vient exclusivement du toucher lorsqu’ils mangent, lorsqu’ils boivent et lorsqu’ils se livrent aux plaisirs dits vénériens. C’est précisément pourquoi l’un d’eux, qui était gourmand, avait prié pour avoir le gosier plus long qu’une grue, tant il avait de plaisir au toucher. »

 

3.1.5. Le plaisir le plus commun

« Par conséquent, c’est le plus commun des sens que met en jeu l’intempérance. Et l’on peut penser que c’est à juste titre que celle-ci se trouve décriée, parce qu’elle nous caractérise, non en tant qu’hommes, mais en tant qu’animaux.

Donc aimer ces plaisirs sensuels par-dessus tout et s’y complaire a quelque chose de bestial. »

 

3.2. Les appétits

« Quant aux appétits, certains semblent être communs à tous, alors que d’autres sont propres à certains individus et viennent s’ajouter aux premiers. Ainsi, celui de la nourriture est naturel. Tout le monde, en effet,  aspire à une nourriture solide et liquide … En revanche, aspirer à telle sorte d’aliments en particulier ou à telle autre, n’est plus le fait de tous,  et tout le monde ne désire pas les mêmes choses. Aussi apparaît-il que l’appétit de telle chose particulière est notre affaire. »

 

 

3.2.1. L’excès d’appétits naturels

Je résume : l’excès des appétits naturels conduit vers la goinfrerie.

 

3.2.2. L’excès d’appétits particuliers

« En revanche, les plaisirs propres à chacun donnent lieu à de nombreuses fautes en tout genre.  …. soit parce qu’ils sont trop portés sur le plaisir, soit parce qu’ils partagent les plaisirs de la masse … Ils prennent en effet plaisir à des choses indues parce que détestables, et si quelquefois ils se plaisent à ce qu’il faut, ils s’y plaisent plus qu’ils ne doivent ou encore de façon vulgaire. Ainsi donc, l’excès dans les plaisirs est intempérance et chose blâmable, le fait est évident. »

 

3.2.3. Excès de plaisirs et de chagrins

« … on est appelé intempérant parce qu’on s’afflige plus qu’on ne doit de rater les occasions d’agrément – et la peine est encore, dans ce cas, l’effet du plaisir. En revanche, on est dit tempérant parce qu’on ne s’afflige pas de l’absence d’agrément. »

 

3.3. L’excès, le défaut et la moyenne

« (a) Ainsi donc, l’intempérant cultive l’appétit de tous les plaisirs ou des plus excitants et il se laisse guider par l’appétit jusqu’à leur sacrifier tout le reste…

 

(b) au sujet des « insensibles »

 

(c) Le tempérant, lui, tient le milieu dans ce domaine Il n’a pas en effet de plaisir à ce qui plaît le plus à l’intempérant, mais s’en trouve plutôt incommodé ; il n’aime pas non plus globalement les plaisirs qu’il ne faut pas, ni exagérément aucun agrément de cette sorte ; il ne s’afflige pas de leur absence et ne les désire pas, sinon d’un appétit mesuré ; il ne les aime ni plus qu’il ne doit, ni quand il ne doit pas et, en somme, il n’a aucun travers de ce genre. En revanche, tous les agréments qui servent la santé ou la bonne constitution, il y aspire avec mesure et comme il se doit, ainsi qu’à tous les autres plaisirs à condition qu’ils ne leur fassent pas obstacle, qu’ils ne s’écartent pas de ce qui est beau ou qu’ils n’excèdent pas l’état de sa fortune. Sans cela, en effet, on affectionne de tels plaisirs plus qu’ils ne le méritent. Or le tempérant n’a pas cette inclination, mais celle de la raison correcte. »

 

3.4. L’intempérance est plus consentie que la lâcheté

3.5. Conclusion, il faut éduquer l’appétit

 

4. La générosité

 

4.1. Les richesses : matière de la générosité

 

La générosité semble être la moyenne où sont en jeu les biens d’usage courant … c.-à-d. tout ce dont la valeur se mesure en monnaie.

 

4.2. L’excès et le défaut

La prodigalité et l’avarice constituent dans le même domaine des excès et des défauts … Aristote appelle « prodigues » les incontinents et ceux qui se montrent dépensiers pour servir leur intempérance… Le vice du prodigue, c’est de se ruiner, de détruire son avoir dont dépend sa vie.

 

4.3. Du bon usage des richesses

« … ce dont on use, on peut en user bien ou mal. Or la richesse fait partie des choses utiles, et celui qui fait le meilleur usage d’une chose est celui qui possède la vertu en rapport avec elle. Donc celui qui fait le meilleur usage de la richesse est aussi celui possède la vertu en rapport avec ses biens, c’est-à-dire le généreux. »

 

4.3.1. Savoir donner plutôt que recevoir

« la caractéristique du généreux est plutôt de donner à ceux qu’il doit que de titrer profit de ceux qu’il doit… »

 

4.3.2. La supériorité du don : arguments

« On n’a pas de peine à voir que donner se rattache à l’acte de bien faire et d’accomplir ce qui est beau, tandis que retirer un profit se rattache à l’acte de bénéficier ou de s’abstenir de mal faire…

 

Il est d’ailleurs aussi plus facile de ne pas accepter que de donner…

 

 On aime peut-être les personnes généreuses plus que toutes celles dont on apprécie la vertu … cela tient au fait qu’elles donnent.

 

4.4. Les exigences de l’action généreuse

4.4.1. Exigence relative au don

«… les actions vertueuses sont de belles actions et sont motivées par ce qui est beau. Le généreux, lui aussi, lorsqu’il donne, sera donc motivé par ce qui est beau, tout en agissant correctement, c’est-à-dire en donnant à ceux qu’il doit, tout ce qu’il doit, lorsqu’il le doit, et selon toutes les autres exigences qui accompagnent le don correct. Et ce, avec plaisir ou sans peine, car le geste vertueux a de l’agrément ou se fait sans peine et il est ce qu’il y a de moins affligeant. »

 

4.4.2. Exigence relative au profit

« Par ailleurs, celui-ci ne tirera pas non plus profit de ce qu’il ne doit pas, parce qu’il n’a pas non plus le culte des richesses qui entraîne cette façon de faire des profits. Et il ne sera pas non plus un solliciteur … Au contraire, il tirera profit de ce qu’il doit, par exemple de ses possessions privées ; non que cette préoccupation soit une belle chose, mais parce qu’elle est nécessaire pour avoir de quoi donner. ll ne négligera pas non plus ses biens personnels, si du moins il s’entend s’en servir pour subvenir à certains, et il ne fera pas de don à n‘importe qui, pour avoir à donner à ceux qu’il doit, quand il le doit et dans les circonstances où c’est beau de le faire. »

 

4.5. La caractéristique du généreux : l’excès de dons

« Ne pas regarder à soi fait en effet partie du caractère généreux. Cependant, c’est en fonction de l’avoir de l’intéressé qu’on parle de générosité. »

 

4.6. La générosité comme moyenne à un double titre

j »Le don honnête s’accompagne en effet du profit honnête, alors que le profit qui ne l’est pas y fait obstacle. »

 

 

4.7. Excès et défaut

« … la prodigalité se définit par l’excès qui consiste à trop donner sans recevoir et par le défaut qui consiste à trop peu accaparer, tandis que l’avarice se définit par le défaut qui consiste à trop peu donner et par l’excès qui consiste à trop accaparer – sous réserve qu’il s’agisse d’opérations modestes. »

 

4.7.1. La prodigalité

4.7.1.1. La prodigalité vaut mieux que l’avarice

« Ce nl’est pas en effet un trait de méchant homme ni d’ignoble individu que de donner excessivement sans tirer de profit, mais une marque d’étourdi. »

 

4.7.1.2. La prodigalité confine à l’avarice

« Mais la plupart des prodigues… tirent aussi profit de ce qu’ils ne doivent pas et ils sont, sous ce rapport, des avares … dans le même temps, n’ayan pas le moindre souci de ce qui est beau, ils puisent sans scrupule à toutes les sources. »

 

4.7.1.3. La prodigalité confine à l’intempérance

« C’est précisément pourquoi leurs dons ne sont pas généreux. Il n’y a en effet rien de beau dans leurs actes. Ce n’est pas non plus leur but et ils ne procèdent pas comme il faut… Aussi bien y a-t-il aussi de l’intempérance chez la plupart d’entre eux parce qu’ils gaspillent à pleines mains, parce que leurs dépenses servent à leurs débauches et parce que, faute de viser à ce qui est beau dans la vie, ils dérivent vers les plaisirs. » 

 

4.7.2. L’avarice

« L’avarice … est incurable… vieillesse et chaque forme d’incapacité produisent l’avarice. De plus, ce défaut est davantage lié il la nature humaine que la prodigalité. En effet, la masse est éprise de richesses plutôt qu’elle n’incline à donner. »

 

4.7.2.1. Les variétés d’avarice

« Ce défaut … revêt plusieurs formes… l’avarice … réside en deux choses, à la fois trop peu donner et trop accaparer. »

 

4.7.2.1.1. La réticence à donner

Ainsi,  ceux qu’on range sous des appellations telles que « ladres », « grippe-sous », « pingres »… tous ont le défaut de trop peu donner, mais ils ne convoitent pas les richesses d’autrui ni ne souhaitent en tirer profit. »

 

4.7.2.1.2. Le profit sordide

« Il en est … dont l’excès consiste à faire des profits en puisant à toutes les sources tout ce qu’ils peuvent, comme ceux qui se livrent à des besognes sordides : loueurs de prostituées et tous les individus de cet acabit, ou les prêteurs de petites sommes à gros intérêts…  le joueur et le détrousseur (et le brigand) font partie des avares, puisqu’ils sont appâtés par un gain sordide. C’est par appât du gain en effet que tous les deux se démènent et endurent des marques d’opprobre. … »

 

4.8. Conclusion

« C’est d’ailleurs assez normal que la générosité ait pour contraire l’avarice dans le langage courant, puisque celle-ci est un plus grand mal que la prodigalité … »

 

5. La magnificence

 

(NB. Je ne reproduis que le plan de ce texte, étant donné que le contenu ne présente à mes yeux qu’un intérêt historique)

 

Plan du texte

 

5.1. Les grandes dépenses : matière de la magnificence

5.2. L’excès et le défaut

5.3. Les exigences de l’acte t de l’œuvre de la magnificence

5.4. Comparaison avec la générosité

5.5. Les objets de dépenses magnifiques

5.5.1. Ces dépenses excluent la pauvreté

5.5.2. Elles exigent grandeur et dignité

5.6. Les grandes dépenses privées

5.7. Les grandes dépenses en chaque occasion

5.8. L’excès : la vulgarité

5.9. Le défaut : la mesquinerie

5.10. L’excès et le défaut ne sont pas blâmés

 

6. La magnanimité

« la magnanimité met … en jeu de grandes choses ; c’est même ce qui paraît ressortir de son nom. » 

 

6.1. La matière de la magnanimité

« Or semble être magnanime celui qui estime mériter de grandes faveurs et qui en est digne. Celui qui le fait sans avoir de mérite, en effet, n’est qu’un sot. Or aucun homme vertueux n’est sot ni insensé. »

6.1.1. Positions extrêmes et position d magnanime

« …la magnanimité implique de la grandeur comme la beauté implique  un corps de grande taille, alors que les gens de petite taille sont séduisants et bien proportionnés, mais pas beaux.
En revanche, celui qui se juge digne de grandes faveurs alors qu’il en est indigne, est un vaniteux. Quant à celui qui pense mériter de moindres faveurs que celles auxquelles il a droit, c’est un pusillanime.
Le magnanime occupe donc, du fait de sa grandeur, une position extrême. Mais, du fait qu’il s’apprécie comme il doit, il tient une position moyenne, car il s’estime à son juste mérite alors que les autres pèchent par excès ou par défaut. »

6.1.2. L’honneur : matière de la magnanimité

« … la dignité … celle que visent par-dessus tout les personnes occupant une dignité et qui constitue la récompense offerte aux plus beaux exploits, c’est à dire l’honneur. Voilà en effet la plus grande des faveurs extérieures. Par conséquent, ce sont les marques d’honneur et l’infamie qui sont en jeu dans l’appréciation justifiée que porte le magnanime sur lui-même. »

6.2. La perfection du magnanime : parure des vertus
« L’homme véritablement magnanime doit donc être homme de bien. …   Et rien ne serait plus discordant qu’un magnanime en train de fuir à toutes jambes, ou en train de frauder… Dans quel but, en effet, irait-il  commettre de laides actions, lui pour qui rien n’a grande importance ? … … C’est pour cela qu’il est difficile d’être véritablement magnanime, car on ne le peut sans l’excellence qui unit le beau et le bien. »

6.3. La magnanimité face aux biens extérieurs
6.3.1. Face aux différentes marques d’honneur

«  … les grands honneurs, même conférés par les personnes vertueuses, lui procureront un plaisir mesuré…
En revanche, l’hommage qu’il reçoit des premiers venus et pour de petits riens le laissera totalement indifférent, car ce n’est pas de cela qu’il est digne ; et pareillement d’ailleurs l’infamie, car elle ne peut en stricte justice le concerner. »

6.3.2. Face aux autres biens extérieurs

«  … la richesse, le pouvoir et toutes les sortes de bonne et de mauvaise fortune lui inspireront aussi une attitude mesurée… En particulier, la bonne fortune ne lui procurera pas de joie débordante. ni la mauvaise de chagrin profond. » 

 

6.3.2.1. Vertu et biens extérieurs

« L’opinion veut toutefois que les marques de la bonne fortune contribuent à la magnanimité. »

 

6.3.2.2. Les biens extérieurs sans vertu

« Quant à ceux qui, sans vertu, possèdent les biens de ce genre, ils ne sont pas fondés, en stricte justice, à s’estimer dignes de grandes faveurs ni, en toute rectitude, à réclamer le titre de magnanimes. »

 

6.4. Les traits particuliers du magnanime

6.4.1. Son courage

« il est à son affaire dans les grands dangers, et lorsqu’il les affronte,  c’est sans égards pour son existence, car dans son esprit, on ne mérite pas de vivre à tout prix. »

6.4.2. Sa bienfaisance

« Il est aussi porté à la bienfaisance et recevoir un bienfait lui inspire de la honte, car donner est la marque du supérieur tandis que recevoir est celle de l’inférieur.
Et il incline à rendre beaucoup plus qu’il n’a reçu …  l’obligé est inférieur au bienfaiteur … le magnanime souhaite avoir la priorité … Le magnanime a aussi pour trait de ne solliciter personne, sinon à regret ; en revanche, il offre ses services avec empressement. »

 

6.4.3. Sa réserve ordinaire

               

6.4.4. Sa franchise

« Il trouve par ailleurs nécessaire d’afficher ce qu’il déteste et ce qu’il aime, car le secret trahit un timoré, de cultiver la vérité plutôt que l’opinion et de parler et d’agir au grand jour. »

 

6.4.5. Sa distance à l’égard d’autrui

6.4.6. Sa distance à l’égard du nécessaire

6.4.7. Son attitude extérieure

« C’est une démarche lente qui semble convenir au magnanime, une voix grave et une diction posée. On ne doit pas en effet avoir l’air pressé quand on prend peu de choses au sérieux, ni l’air tendu quand on croit que rien n’a grande importance. »

 

6.5. Les travers correspondants

« Celui … chez qui ces traits sont trop peu accusés est un pusillanime et celui qui les accuse à l’excès, un vaniteux. Ainsi donc, ce ne sont pas, semble-t-il, des vicieux, … car ils ne font pas le mal ; mais ce sont des ratés. »

 

6.5.1. Le pusillanime

« Le pusillanime, en effet, bien qu’il soit digne de certains avantages, se prive lui-même de ce qu’il mérite et il a l’air d’avoir à se reprocher quelque chose de mal, dès lors qu’il ne se juge pas digne de ces biens-là. Par ailleurs, il donne aussi l’impression de ne pas se connaître lui-même … Et pourtant, ces sortes de gens ne sont pas, semble-t-il, des idiots, mais plutôt des timides. »

 

6.5.2. Le vaniteux

« … les vaniteux sont des idiots, qui vont jusqu’à se méconnaître eux-mêmes. Et cela saute aux yeux, car ils briguent, comme s’ils en étaient dignes, les places d’honneur, puis la tentative tourne à leur confusion. »

7. La vertu qui paraît ambition

 

7.1. Un goût des honneurs analogue à la générosité face à la magnificence

 

Je résume. Aristote a découvert une analogie entre la générosité et la magnificence. La première s’occupe des choses ordinaires, la seconde met en jeu de grands projets. Idem pour l’ambition et la magnanimité. «Or de même qu’il existe , s’il s’agit d’accaparer ou de donner des biens d’usage, une moyenne, un excès et un défaut, de la même façon, il est aussi possible, dans l’aspiration à l’honneur, d’avoir tendance à le faire plus, plus qu’on ne doit ou moins qu’on ne doit, et aussi à tirer honneur de ce qu’il faut ou de la manière qu’il faut. »

 

7.2. L’ambiguïté du terme « ambition »

Dans certains cas, nous blâmons les ambitieux, dans d’autres cas nous les louons. Le terme « ambition » est donc utilisé avec des significations différentes.

 

7/3. La moyenne anonyme

Il n’existe pas de nom pour la moyenne. Aristote n’invente pas un nom adapté ni ne décrit non plus son contenu. Il déduit simplement que, puisque un excès et un défaut existent, il  existe aussi un milieu ; il y a donc des gens qui aspirent à l’honneur de la manière qu’ils doivent, même si cette vertu n’a pas de nom.

 

8. La douceur

8.1. La colère : matière de la douceur

« La douceur… est une moyenne où sont en jeu les mouvements de colère, mais en fait, il n’y a pas de nom pour désigner ici le moyen terme, ni, en somme, pour désigner les extrêmes et c’est pourquoi nous conférons au moyen l’appellation de douceur, alors qu’elle fait plutôt penser au défaut. Celui-ci reste anonyme, mais on peut dire que l’excès est une sorte d’irritabilité puisque l’affection en jeu est la colère, bien que celle-ci soit produite par de nombreux facteurs différents.»

 

8.2. La douceur objet de louanges

«  … celui qui s’irrite pour les motifs qu’il faut el contre les personnes qu’il faut mais qui, en plus, le fait de la façon qu’il faut, au moment qu’il faut et tout le temps qu’il faut, celui-là fait l’objet de louanges. Ce sera donc lui qui est doux … Être doux veut dire en effet rester imperturbable, et ne pas se laisser emporter par son affection,… » 

 

8.3. Le défaut objet de blâmes

Fait objet de blâme la douceur en tant que ‘absence (totale) d’irritabilité’, d’insensibilité, en tant qu’incapacité de défense de soi-même.

 

8.4. Les différents excès

« L’excès, pour sa part, se manifeste à tous égards. On peut s’irriter en effet contre ceux qu’il ne faut pas, pour les motifs qu’on ne doit pas, plus qu’il ne faut ou moins qu’il ne faut et plus de temps qu’on ne doit. Néanmoins, tous ces travers ne sont pas le lot du même individu… Les gens irascibles … Les gens bilieux … Les personnes amères … Les personnes fâcheuses … »
 

8.5. La difficulté de trouver le juste milieu

« Un petit écart n’est pas blâmé … De quelle importance donc et de quelle mesure est l’écart blâmable ? Pas facile de donner la formule qui le détermine. Car c’est dans les circonstances particulières et dans la perception sensible que réside la discrimination… Mais au moins cela suffit à faire voir que l’état moyen dont on peut faire la louange est celui qui nous pousse à la colère contre ceux qu’on doit, pour les motifs qu’on doit, de la manière qu’on doit et qui satisfait à toutes les exigences semblables. »

 

 

9. L’amabilité

 

9.1. Les deux excès contraires en société

Je résume. En société, nos fréquentations mettent en jeu des plaisirs et des peines. En cette matière, nous rencontrons aussi bien des complaisants et des flatteurs que des grincheux et des querelleurs

 

9.2. L’état moyen qu’on compare à l’amitié

Ces deux états (extrêmes) sont blâmables. L’état moyen (dont on peut faire le louange) est celui qui pousse à accepter ce qu’il faut et comme il faut, mais aussi à se montrer réticent quand il faut. Cet état n’a pas de nom mais Aristote prétend qu’il ressemble fort à l’état d’amitié honnête mais alors sans l’affection !  Car l’homme qui fait preuve de cet état, adoptera la même conduite devant des familiers et des non-familiers.

 

9.3. L’amabilité tient compte de ce qui est beau ou utile

C’est en référence à ce qui est beau et utile qu’il cherchera à ne pas faire de peine, ou faire plaisir autour de lui. Il se montrera réticent et décidera qu’il vaut mieux peiner les autres que s’associer à leurs plaisirs qui ne sont pas beau à ses yeux.

 

10. La franchise

10.1. Introduction

« il nous faut parler, dans ce même contexte, des gens sincères et de ceux qui se dénigrent, aussi bien dans leurs discours que dans leurs actions, c’est-à-dire dans la prétention qu’ils affichent. »

 

10.2. La moyenne entre vantardise et autodénigrement

« Il semble donc que le vantard soit celui qui prétend vontiers à des titres de gloire qu’il n’a pas ou à de plus grands titres que les siens.
Celui qui se dénigre, lui, semble bien, à l’inverse, nier ceux qu’il a ou les diminuer.
Quant à celui qui tient le’ milieu, c’est quelqu’un qui reste en quelque sorte lui-même, porté à la vérité tant dans l’existence que dans son discours, reconnaissant, reconnaissant les avantages qui sont les siens sans les majorer ni les diminuer. »

 

10.2.1. Cette moyenne est en soi louable

« I’ individu porté à la vérité qui occupe le milieu, est, lui aussi, louable tandis que ceux qui – surtout d’ailleurs le vantard, mais nous allons parler prennent de faux airs sont tous les deux blâmables – surtout d’ailleurs le vantard, mais nous allons parler de chacun des deux. »

 

10.2.2. Cette moyenne ne tient pas de la justice

« Nous n’avons pas en effet en vue celui qui est sincère dans les accords ou dans toutes les opérations qui concourent à l’injustice ou à la justice, car ces opérations doivent relever d’une autre vertu. Nous parlons au contraire de la sincérité dans les circonstances ou rien de tel ne compte et où malgré tout, l’intéressé tient à dire la vérité et à laisser voir son existence sous son vrai jour parce que tel est son état. »

 

10.3. Les formes de vantardise

(a) Celui qui feint des titres de gloire plus grands que les siens …

(b1) Celui qui vise un but ou une gloire…

(b2) Celui dont le but est l’argent …

 

10.4. Les formes d’autodénigrement

Ceux qui feignent d’avoir les petits défauts qui courent la rue, prêtent au mépris.

Ceux qui affectent des défauts peu ordinaires, offrent l’apparence de gens charmants.

 

11. L’enjouement

 

11.1. Sa matière : la conversation de détente

Je résume. Il s’agît de tenir le genre de propos qu’il faut, de la manière qu’il faut, et aussi à prêter l’oreille selon les mêmes exigences. Il est clair que dans ce domaine peuvent exister des excès et des défauts par rapport au milieu.

 

11.2. Les extrêmes

11.2.1. L’excès : la bouffonnerie

11.2.2. Le défaut : les rustres

Je résume : Il s’agit de personnes qui n’ont pas le moindre mot pour rire et qui ne supportent pas ceux qui en disent.

 

11.3. La moyenne

Il s’agit de ceux qui s’amusent en gardant le bon ton, qui entrent dans le jeu de la conversation sans blesser. On les appelle des « enjoués ».

 

11.4. L’enjouement implique le tact

La personne de tact sait dire et entendre des propos qui s’accordent à l’honnêteté et au caractère d’un homme libre. Il est en effet certains propos, lorsqu’on est quelqu’un de qualité, qu’il convient de dire et d’entendre en guise de plaisanterie.

 

11.5. Les limites de la bienséance

11.6. Les travers

11.7. L’enjouement, la franchise et l’amabilité : conclusions

 

12. La pudeur

12.1. La pudeur est plutôt une affection

12.2. La pudeur convient à la jeunesse

12.3. Elle est incompatible avec l’honnêteté


 

03/01/2010

ORVAL


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19:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orval

03/12/2009

ARISTOTE 24


ARISTOTE à petite dose (24)

 ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 Pour lire l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 11. L’enjouement

 11.1. Sa matière : la conversation de détente

Je résume. Il s’agît de tenir le genre de propos qu’il faut, de la manière qu’il faut, et aussi à prêter l’oreille selon les mêmes exigences. Il est clair que dans ce domaine peuvent exister des excès et des défauts par rapport au milieu.

 11.2. Les extrêmes

11.2.1. L’excès : la bouffonnerie

11.2.2. Le défaut : les rustres

Je résume : Il s’agit de personnes qui n’ont pas le moindre mot pour rire et qui ne supportent pas ceux qui en disent.

 11.3. La moyenne

Il s’agit de ceux qui s’amusent en gardant le bon ton, qui entrent dans le jeu de la conversation sans blesser. On les appelle des « enjoués ».

 11.4. L’enjouement implique le tact

La personne de tact sait dire et entendre des propos qui s’accordent à l’honnêteté et au caractère d’un homme libre. Il est en effet certains propos, lorsqu’on est quelqu’un de qualité, qu’il convient de dire et d’entendre en guise de plaisanterie. Un homme libre, un homme servile, un homme éduqué et un homme non-éduqué ne  s’amusent pas de la même manière.

11.5. Les limites de la bienséance

11.6. Les travers (le bouffon et le rustre)

11.7. L’enjouement, la franchise et l’amabilité : conclusions

La franchise met en jeu la vérité, l’enjouement met en jeu l’agrément dans une réunion, l’amabilité met en jeu l’agrément dans les fréquentations que suppose le reste de l’existence.

 12. La pudeur

 12.1. La pudeur a plutôt l’allure d’une affection. Elle fait rougir de honte et se définit comme une certaine crainte de l’infamie.

 12.2. La pudeur convient à la jeunesse : à cet âge, il faut être pudique car la vie affective incite à beaucoup de fautes et la pudeur les empêche.

 12.3. Elle est incompatible avec l’honnêteté. Ce n’est pas parce qu’on ressent de la pudeur en exécutant une acte vil, que cet acte devient honnête.


03/11/2009

ARISTOTE 23


ARISTOTE à petite dose (23)
ÉTHIQUE A NICOMAQUE 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 

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Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

10. La franchise

10.1. Introduction

« il nous faut parler, dans ce même contexte, des gens sincères et de ceux qui se dénigrent, aussi bien dans leurs discours que dans leurs actions, c’est-à-dire dans la prétention qu’ils affichent. »

10.2. La moyenne entre vantardise et autodénigrement

« Il semble donc que le vantard soit celui qui prétend volontiers à des titres de gloire qu’il n’a pas ou à de plus grands titres que les siens.
Celui qui se dénigre, lui, semble bien, à l’inverse, nier ceux qu’il a ou les diminuer.
Quant à celui qui tient le’ milieu, c’est quelqu’un qui reste en quelque sorte lui-même, porté à la vérité tant dans l’existence que dans son discours, reconnaissant, reconnaissant les avantages qui sont les siens sans les majorer ni les diminuer. »

10.2.1. Cette moyenne est en soi louable

« I’ individu porté à la vérité qui occupe le milieu, est, lui aussi, louable tandis que ceux qui – surtout d’ailleurs le vantard, mais nous allons parler prennent de faux airs sont tous les deux blâmables – surtout d’ailleurs le vantard, mais nous allons parler de chacun des deux. »

10.2.2. Cette moyenne ne tient pas de la justice

« Nous n’avons pas en effet en vue celui qui est sincère dans les accords ou dans toutes les opérations qui concourent à l’injustice ou à la justice, car ces opérations doivent relever d’une autre vertu. Nous parlons au contraire de la sincérité dans les circonstances ou rien de tel ne compte et où malgré tout, l’intéressé tient à dire la vérité et à laisser voir son existence sous son vrai jour parce que tel est son état. »

10.3. Les formes de vantardise

(a) Celui qui feint des titres de gloire plus grands que les siens …

(b1) Celui qui vise un but ou une gloire…

(b2) Celui dont le but est l’argent …

10.4. Les formes d’autodénigrement

Ceux qui feignent d’avoir  les petits défauts qui courent la rue, prêtent au mépris.

Ceux qui affectent des défauts peu ordinaires, offrent l’apparence de gens charmants.


01/11/2009

ARISTOTE 22


ARISTOTE à petite dose (22)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

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Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 9. L’amabilité

9.1. Les deux excès contraires en société

Je résume. En société, nos fréquentations mettent en jeu des plaisirs et des peines. En cette matière, nous rencontrons aussi bien des complaisants et des flatteurs que des grincheux et des querelleurs

 9.2. L’état moyen qu’on compare à l’amitié

Ces deux états (extrêmes) sont blâmables. L’état moyen (dont on peut faire le louange) est celui qui pousse à accepter ce qu’il faut et comme il faut, mais aussi à se montrer réticent quand il faut. Cet état n’a pas de nom mais Aristote prétend qu’il ressemble fort à l’état d’amitié honnête mais alors sans l’affection !  Car l’homme qui fait preuve de cet état, adoptera la même conduite devant des familiers et des non-familiers.

 9.3. L’amabilité tient compte de ce qui est beau ou utile

C’est en référence à ce qui est beau et utile qu’il cherchera à ne pas faire de peine, ou faire plaisir autour de lui. Il se montrera réticent et décidera qu’il vaut mieux peiner les autres que s’associer à leurs plaisirs qui ne sont pas beau à ses yeux.


29/10/2009

ARISTOTE 21


ARISTOTE à petite dose (21)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 

Pour lire l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 

7. La vertu qui paraît ambition

 

7.1. Un goût des honneurs analogue à la générosité face à la magnificence

 

Je résume. Aristote a découvert une analogie entre la générosité et la magnificence. La première s’occupe des choses ordinaires, la seconde met en jeu de grands projets. Idem pour l’ambition et la magnanimité. «Or de même qu’il existe , s’il s’agit d’accaparer ou de donner des biens d’usage, une moyenne, un excès et un défaut, de la même façon, il est aussi possible, dans l’aspiration à l’honneur, d’avoir tendance à le faire plus, plus qu’on ne doit ou moins qu’on ne doit, et aussi à tirer honneur de ce qu’il faut ou de la manière qu’il faut. »

 

7.2. L’ambiguïté du terme « ambition »

Dans certains cas, nous blâmons les ambitieux, dans d’autres cas nous les louons. Le terme « ambition » est donc utilisé avec des significations différentes.

 

7/3. La moyenne anonyme

Il n’existe pas de nom pour la moyenne. Aristote n’invente pas un nom adapté ni ne décrit non plus son contenu. Il déduit simplement que, puisque un excès et un défaut existent, il  existe aussi un milieu ; il y a donc des gens qui aspirent à l’honneur de la manière qu’ils doivent, même si cette vertu n’a pas de nom.

 

8. La douceur

8.1. La colère : matière de la douceur

« La douceur… est une moyenne où sont en jeu les mouvements de colère, mais en fait, il n’y a pas de nom pour désigner ici le moyen terme, ni, en somme, pour désigner les extrêmes et c’est pourquoi nous conférons au moyen l’appellation de douceur, alors qu’elle fait plutôt penser au défaut. Celui-ci reste anonyme, mais on peut dire que l’excès est une sorte d’irritabilité puisque l’affection en jeu est la colère, bien que celle-ci soit produite par de nombreux facteurs différents.»

 

8.2. La douceur objet de louanges

«  … celui qui s’irrite pour les motifs qu’il faut el contre les personnes qu’il faut mais qui, en plus, le fait de la façon qu’il faut, au moment qu’il faut et tout le temps qu’il faut, celui-là fait l’objet de louanges. Ce sera donc lui qui est doux … Être doux veut dire en effet rester imperturbable, et ne pas se laisser emporter par son affection,… » 

 

8.3. Le défaut objet de blâmes

Fait objet de blâme la douceur en tant que ‘absence (totale) d’irritabilité’, d’insensibilité, en tant qu’incapacité de défense de soi-même.

 

8.4. Les différents excès

« L’excès, pour sa part, se manifeste à tous égards. On peut s’irriter en effet contre ceux qu’il ne faut pas, pour les motifs qu’on ne doit pas, plus qu’il ne faut ou moins qu’il ne faut et plus de temps qu’on ne doit. Néanmoins, tous ces travers ne sont pas le lot du même individu… Les gens irascibles … Les gens bilieux … Les personnes amères … Les personnes fâcheuses … »
 

8.5. La difficulté de trouver le juste milieu

« Un petit écart n’est pas blâmé … De quelle importance donc et de quelle mesure est l’écart blâmable ? Pas facile de donner la formule qui le détermine. Car c’est dans les circonstances particulières et dans la perception sensible que réside la discrimination… Mais au moins cela suffit à faire voir que l’état moyen dont on peut faire la louange est celui qui nous pousse à la colère contre ceux qu’on doit, pour les motifs qu’on doit, de la manière qu’on doit et qui satisfait à toutes les exigences semblables. »


 

25/10/2009

ARISTOTE 20


ARISTOTE à petite dose (20)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 

Pour lire l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 

6. La magnanimité

« la magnanimité met … en jeu de grandes choses ; c’est même ce qui paraît ressortir de son nom. » 

 

6.1. La matière de la magnanimité

« Or semble être magnanime celui qui estime mériter de grandes faveurs et qui en est digne. Celui qui le fait sans avoir de mérite, en effet, n’est qu’un sot. Or aucun homme vertueux n’est sot ni insensé. »

6.1.1. Positions extrêmes et position d magnanime

« …la magnanimité implique de la grandeur comme la beauté implique  un corps de grande taille, alors que les gens de petite taille sont séduisants et bien proportionnés, mais pas beaux.
En revanche, celui qui se juge digne de grandes faveurs alors qu’il en est indigne, est un vaniteux. Quant à celui qui pense mériter de moindres faveurs que celles auxquelles il a droit, c’est un pusillanime.
Le magnanime occupe donc, du fait de sa grandeur, une position extrême. Mais, du fait qu’il s’apprécie comme il doit, il tient une position moyenne, car il s’estime à son juste mérite alors que les autres pèchent par excès ou par défaut. »

6.1.2. L’honneur : matière de la magnanimité

« … la dignité … celle que visent par-dessus tout les personnes occupant une dignité et qui constitue la récompense offerte aux plus beaux exploits, c’est à dire l’honneur. Voilà en effet la plus grande des faveurs extérieures. Par conséquent, ce sont les marques d’honneur et l’infamie qui sont en jeu dans l’appréciation justifiée que porte le magnanime sur lui-même. »

6.2. La perfection du magnanime : parure des vertus
« L’homme véritablement magnanime doit donc être homme de bien. …   Et rien ne serait plus discordant qu’un magnanime en train de fuir à toutes jambes, ou en train de frauder… Dans quel but, en effet, irait-il  commettre de laides actions, lui pour qui rien n’a grande importance ? … … C’est pour cela qu’il est difficile d’être véritablement magnanime, car on ne le peut sans l’excellence qui unit le beau et le bien. »

6.3. La magnanimité face aux biens extérieurs
6.3.1. Face aux différentes marques d’honneur

«  … les grands honneurs, même conférés par les personnes vertueuses, lui procureront un plaisir mesuré…
En revanche, l’hommage qu’il reçoit des premiers venus et pour de petits riens le laissera totalement indifférent, car ce n’est pas de cela qu’il est digne ; et pareillement d’ailleurs l’infamie, car elle ne peut en stricte justice le concerner. »

6.3.2. Face aux autres biens extérieurs

«  … la richesse, le pouvoir et toutes les sortes de bonne et de mauvaise fortune lui inspireront aussi une attitude mesurée… En particulier, la bonne fortune ne lui procurera pas de joie débordante. ni la mauvaise de chagrin profond. » 

 

6.3.2.1. Vertu et biens extérieurs

« L’opinion veut toutefois que les marques de la bonne fortune contribuent à la magnanimité. »

 

6.3.2.2. Les biens extérieurs sans vertu

« Quant à ceux qui, sans vertu, possèdent les biens de ce genre, ils ne sont pas fondés, en stricte justice, à s’estimer dignes de grandes faveurs ni, en toute rectitude, à réclamer le titre de magnanimes. »

 

6.4. Les traits particuliers du magnanime

6.4.1. Son courage

« il est à son affaire dans les grands dangers, et lorsqu’il les affronte,  c’est sans égards pour son existence, car dans son esprit, on ne mérite pas de vivre à tout prix. »

6.4.2. Sa bienfaisance

« Il est aussi porté à la bienfaisance et recevoir un bienfait lui inspire de la honte, car donner est la marque du supérieur tandis que recevoir est celle de l’inférieur.
Et il incline à rendre beaucoup plus qu’il n’a reçu …  l’obligé est inférieur au bienfaiteur … le magnanime souhaite avoir la priorité … Le magnanime a aussi pour trait de ne solliciter personne, sinon à regret ; en revanche, il offre ses services avec empressement. »

 

6.4.3. Sa réserve ordinaire

               

6.4.4. Sa franchise

« Il trouve par ailleurs nécessaire d’afficher ce qu’il déteste et ce qu’il aime, car le secret trahit un timoré, de cultiver la vérité plutôt que l’opinion et de parler et d’agir au grand jour. »

 

6.4.5. Sa distance à l’égard d’autrui

6.4.6. Sa distance à l’égard du nécessaire

6.4.7. Son attitude extérieure

« C’est une démarche lente qui semble convenir au magnanime, une voix grave et une diction posée. On ne doit pas en effet avoir l’air pressé quand on prend peu de choses au sérieux, ni l’air tendu quand on croit que rien n’a grande importance. »

 

6.5. Les travers correspondants

« Celui … chez qui ces traits sont trop peu accusés est un pusillanime et celui qui les accuse à l’excès, un vaniteux. Ainsi donc, ce ne sont pas, semble-t-il, des vicieux, … car ils ne font pas le mal ; mais ce sont des ratés. »

 

6.5.1. Le pusillanime

« Le pusillanime, en effet, bien qu’il soit digne de certains avantages, se prive lui-même de ce qu’il mérite et il a l’air d’avoir à se reprocher quelque chose de mal, dès lors qu’il ne se juge pas digne de ces biens-là. Par ailleurs, il donne aussi l’impression de ne pas se connaître lui-même … Et pourtant, ces sortes de gens ne sont pas, semble-t-il, des idiots, mais plutôt des timides. »

 

6.5.2. Le vaniteux

« … les vaniteux sont des idiots, qui vont jusqu’à se méconnaître eux-mêmes. Et cela saute aux yeux, car ils briguent, comme s’ils en étaient dignes, les places d’honneur, puis la tentative tourne à leur confusion. »


23/10/2009

CONTROVERSES 2

 


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