28/04/2009

ANALYSE PHOTO 5


ANALYSE PHOTO 5

(version provisoire)

francis Giacobetti Wolford 2000 JPEG 3

Francis Giacobetti, Wolford, 2000


1e prise en mains. En survolant une centaine de photos sur Google, celle-ci a arrêté mon regard. Pourquoi ? A cause de sa beauté, de son intensité, de son perfectionnisme.


Signalons la préparation minutieuse du modèle (peau, couleurs, cheveux), le recours aux trucs et astuces d'un programme ordinateur.


Analyse


Composition. Création d'une succession de plans verticaux : l'arrière-plan noir, l'écran blanc placé entre l'arrière-plan et le modèle, le dos du modèle.


Mais il y a plus.


La surface noir rectangulaire fonctionne selon le regard SOIT comme un arrière-plan classique qui se met au plus loin et devant lequel l'événement se passe, SOIT comme le cadre d'une photo ou d'un tableau qui se propulse en avant et qui enferme l'événement dans sa profondeur.


Même ambivalence pour le rectangle blanc. IL peut être vu comme un panneau blanc se trouvant entre le plan noir et le modèle. Mais nous pouvons également imaginer une ouverture rectangulaire dans le panneau noir donnant vu sur un panneau blanc.


Illusion optique du noir et du blanc contrasté. Pensons un peu au symbole du Ying yang : l'ombre noir du modèle sur le panneau blanc a tendance à se mettre soit en avant, soit en arrière, par rapport à son support.


D'habitude, les formes géométriques carrées ou rectangulaires nous inspirent la stabilité, l'immobilisme. Ici ils provoquent une tension, un dynamisme, une valse-hésitation.


Opposée à ces formes rectangulaires, le S allongé formé par la tête, le cou, la colonne vertébrale (soulignée par le dessin du maillot), le bas du dos, les jambes. Ce S souple et félin souligne le mouvement.

Forcément, l'ambivalence des rectangles déteint sur le modèle. Nous sommes sollicités à rêver. Avance-t-elle d'un pas ? S'agit-il simplement de son ombre sur le panneau blanc ou de son image réfléchi (et noirci) dans un miroir ? Que cache-t-elle de sa figure, sa poitrine, son ventre, tout en dévoilant le bas du dos ?


Pour le dire en utilisant un raccourci : ce n'est jamais la photo qui EST érotique. C'est l'observateur qui devient érotique lorsque sa « chimie corporelle et mentale » se trouve en contact avec et se fait mettre en route par un élément extérieur favorable.


Couleurs

Beaucoup de personnes considèrent le rouge et le noir comme des couleurs érotiques par excellence. Soit.

Plus important. La saturation de la couleur de la peau, le jeu des contrastes de luminosité (peau, maillot, fond blanc, fond noir) contribuent à la mise en valeur du modèle.


Nudité et érotisme. La question a trouvé une réponse ci-dessus.


Synthèse. Valse-hésitation, jeu savant, jeu de l'ambivalence, qui en appelle à notre capacité d'observer et de deviner. La photo bidimensionnelle devient un objet-photo pluridimensionnel.


Questions restantes : les formes sur les jambes, les mains, la justesse des ombres.


11:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : analyse photo

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