22/07/2009

ARISTOTE 7


ARISTOTE à petite dose (7)

 ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

(Titres et sous-titres reproduits tels qu'ils ont été publiés dans l'édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008)

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1. le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

2. l'ensemble des textes, cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

 Suite de la PREMIÈRE PARTIE : LE BIEN HUMAIN SUPRÊME

 5. le bonheur dépend de nous

Je résume la question : le bonheur, serait-ce un don des dieux, de la fortune, ou viendrait-il de nous ?

 5.1. Un bien divin

Aristote dit clairement que ce livre n'est pas le lieu pour discuter des dons des dieux si ces dons existent. Il concède seulement que le bonheur est un don divin, au sens de  la métaphore, et proche de la félicité.

 5.2. Un bien indépendant de la fortune

Aristote écrit : « confier ce qu'il y a de plus grand et de plus beau à la fortune serait par trop étourdi. »

 5.3. Confirmations

Dans ce paragraphe, il rappelle des éléments divers, par exemple

  • Ø que le bien suprême est une activité de l'âme qui doit à la vertu une certaine qualité,
  • Ø que la politique met le plus grand soin à faire que les citoyens possèdent certaines qualités, qu'ils soient bons et en mesure d'exécuter ce qui est beau,
  • Ø que les enfants ne peuvent pas être considérés comme heureux car incapables de faire de telles actions

 6. Le bonheur est définitif

Il dit que le bonheur n'a rien en commun avec la 'roue' de la fortune. Cela implique-t-il qu'on ne peut déclarer quelqu'un heureux après sa mort ?

 6.1. Le bonheur ne peut être rejeté après sa mort

Cette hypothèse lui semble complètement déplacée car il défend l'idée que le bonheur est une sorte d'activité

 6.2. Le bonheur ne pourrait être affecté après la mort

Réaction contre Solon. Aristote trouve étrange que la personne décédée partage encore les vicissitudes de sa descendance et à certains moments accède au bonheur, puis à d'autres, retourne à la misère.

 6.3. Le bonheur est stable

Aristote remarque : « En fait, si l'on ne veut pas déclarer heureux les gens en vie, c'est en raison des vicissitudes de la vie et parce qu'on se fait du bonheur l'idée d'une chose ferme et malaisée à renverser de quelque façon que ce soit, alors que la roue de la fortune tourne souvent pour les mêmes individus. Il est clair, en effet, que si nous suivons pas à pas les caprices de la fortune, nous allons souvent dire que le même individu est heureux ou malheureux tour à tour, donnant de l'homme heureux l'image d'une sorte de caméléon ... »

 6.4. La stabilité du bonheur ne tient pas à la fortune mais à l'activité vertueuse

« ... s'en remettre aux caprices de la fortune est incorrect de toutes façons. Ce n'est pas à eux que tient le fait de vivre bien ou mal ; Au contraire, ils offrent les supplément dont a besoin l'existence humaine ... et ce qui en décide souverainement, ce sont les actes vertueux ... aucune des œuvres humaines ne présente autant de solidité que les activités qui sont vertueuses. Elles sont ... plus stables que les sciences, semble-t-il. »

 6.5. Le bonheur n'est pas assombri par des infortunes graves

« ... les revers ... ils entament et gâtent la félicité car ils accumulent chagrins et obstacles à bien des activités. Et pourtant, même dans ces cas, on voit dans tout son éclat ce qui est beau, chaque fois que quelqu'un supporte sans aigreur des infortunes nombreuses et de taille, non par insensibilité à la douleur, mais parce qu'il possède noblesse et grandeur d'âme. »

 6.6. L'infortune, même grave, ne fait pas le misérable

« ... l'homme véritablement bon et sensé, croyons-nous, supporte tous les caprices de la fortune en faisant bonne figure et tire de ce qui est à sa disposition de quoi toujours accomplir les plus belles actions, exactement comme un (bon) chef militaire ... »


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