28/07/2009

ARISTOTE 9


ARISTOTE à petite dose (9)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

(Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008)

 

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1. le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

2. l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

 

Mon objectif

Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si elles ne nous concernent plus. Trouver les liens hiérarchiques. Formuler les questions qu’Aristote se posait. Une ‘critique’ suivra.

 

Suite de la DEUXIÈME PARTIE : LA VERTU

 

3. D’où viennent les vertus ?

 

3.1. La vertu morale est le fruit de l’habitude, non de l’enseignement

Aristote écrit : « Si elle (= la vertu) est intellectuelle, c’est en grosse partie à l’enseignement  qu’elle doit de naître et de croître. C’est précisément pourquoi elle a besoin d’expérience et de temps. Mais si elle est morale, elle est le fruit de l’habitude. C’est même de là qu’elle tient son nom… »

 

3.2. Elle n’est pas donné naturellement

« … aucune des vertus morales ne nous est donnée naturellement. »

 

3.2.1. Premier argument

« En effet, rien de ce qui est naturel ne se modifie par habitude. Ainsi, la pierre qui …ce n’est ni naturellement, ni contre nature, que nous sont données les vertus. Au contraire, la nature nous a faits pour les recevoir, mais c’est en atteignant notre fin que nous les acquérons, par le moyen de l’habitude. »

 

3.2.2. Second argument

« … tout ce que la nature met à notre disposition, nous l’apportons d’abord sous forme de capacités, et ensuite nous y répondons par nos actes, comme on le voit précisément dans le cas des sens …les vertus, nous les tirons d’actes préalables, comme c’est le cas des techniques … c’est en bâtissant qu’on devient bâtisseur … c’est en exécutant des actes justes que nous devenons justes … . »

 

3.2.3. Confirmation

« En témoigne d’ailleurs encore ce qui se passe dans les Cités … »

 

3.3. Similitude entre les actions et les états qui en procèdent

« … bien bâtir fera de bons bâtisseurs, et mal bâtir de mauvais. S’il n’en allait pas de la sorte, on n’aurait nul besoin de quelqu’un pour enseigner le métier ; tout le monde, au contraire, serait né bon artisan ou mauvais. … Tel est donc aussi le cas des vertus. … il y a similitude entre les actes et les états qui en procèdent. »

 

3.4. Conclusion : l’importance des premières habitudes

« L’importance de contracter telle ou telle habitude dès la prime jeunesse n’est donc pas négligeable, mais tout à fait décisive … »

 

4. Comment agir vertueusement

« Dès lors donc que le présent travail n’a pas pour but, comme les autres, l’élaboration d’une théorie (ce n’est pas en effet pour savoir ce qu’est la vertu que nous nous livrons à un examen, mais pour devenir bons …) il est nécessaire de considérer la particularité des actions en s’interrogeant sur la manière dont il faut accomplir celles-ci, puisque ce sont elles qui déterminent souverainement jusqu’aux qualités acquises par les états, ainsi que nous l’avons dit. »

 

4.1. Hypothèse commune et préalable

« Telle étant donc la question, « agir selon la raison correcte » est la réponse commune et c’est l’hypothèse qu’il faut retenir. On dira … plus tard … ce qu’est la raison correcte et son rapport aux autres vertus. »

 

4.2. L’équilibre entre l’excès et le défaut favorise et préserve la vertu

« …on doit, pour ce qui n’est pas clair, prendre à témoin ce qui l’est ; or c’est ce que nous voyons dans le cas de la vigueur et de la santé : en effet, l’excès de gymnastique et son défaut ruinent la vigueur et, pareillement, le boire et le manger en trop grande ou trop petite quantité ruinent la santé, tandis que, en quantité mesurée, ils la produisent, l’accroissent et la conservent. … Pareillement, celui qui jouit de chaque plaisir et ne se garde d’aucun, devient intempérant, tandis que celui qui les fuit tous, comme font les rustres, devient quelqu’un d’insensible. »

 

 

4.3. L’équilibre renforce les capacités

« … si l’on devient vigoureux à force de prendre beaucoup de nourriture et d’assumer de nombreuses tâches pénibles, il est vrai aussi qu’on sera surtout capable de faire cela si l’on est vigoureux. … c’est ce qui s’observe également dans le cas des vertus … lorsque nous prenons l’habitude de mépriser ce qui fait peur et de l’affronter, nous devenons courageux et c’est une fois que nous le serons devenus que nous serons surtout capables d’affronter ce qui fait peur. »

 

4.4. Le plaisir manifeste l’état vertueux

« … on doit tenir pour indices des états vertueux, le plaisir ou le chagrin qui s’ajoutent aux œuvres entreprises. Qui se garde … des plaisirs corporels et trouve à cela même de la joie, est tempérant, tandis que celui qu’indispose cette réserve est intempérant. »


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