01/08/2009

ARISTOTE 10


ARISTOTE à petite dose (10)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

(Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008)

 

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 

Pour lire l’ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

 

Mon objectif

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

 

Suite de la DEUXIÈME PARTIE : LA VERTU

 

5. La vertu morale met en jeu plaisir et chagrin (les arguments)

 

a. « Plaisirs et chagrins sont … en jeu lorsqu’il s’agit de vertu morale,  car c’est le plaisir qui nous fait commettre les mauvaises actions et c’est  la peine qu’elles nous causent qui nous fait nous abstenir des belles. »
Aristote rappelle l’importance de l’éducation : « dès la prime jeunesse, il faut apprendre à se réjouir et à se chagriner à bon escient. »

 

b. Les vertus mettent en jeu actions et affections, lesquelles mettent en jeu plaisir et chagrin. Donc, la vertu doit mettre en jeu plaisir et chagrin.

 

c. Les châtiments et sanctions, qui recourent aux mêmes moyens de plaisir et de chagrin, suggèrent cela également.

 

d. La vertu est l’état, quand plaisirs et chagrins sont en jeu, de nature à faire exécuter ce qu’il y a de mieux, tandis que le vice c’est le contraire.

 

e. « Il y a trois choses, en effet, qui entrent en ligne de compte dans nos choix et trois aussi dans nos refus : le beau, l’utile et l’agréable, dont les contraires sont le laid, le nuisible et le désagréable. En tout cela, l’homme bon est du genre qui réussit à se comporter correctement, tandis que le vivieux est du genre de s’égarer. Mais c’est surtout le cas quand le plaisir est en question car celui-ci, …, accompagne tout ce qui peut faire l’objet d’un choix. Le beau et l’utile, en effet, ont une apparence agréable. »

 

f. «De plus, dès le berceau, nous avons tous connu le plaisir qui a grandi avec nous … »

 

6. Conditions des actes vertueux (approfondissement)

 

6.1. Difficulté : comment distinguer une belle action  d’un acte vertueux?

«Mais on peut se demander ce que nous voulons dire en affirmant qu’on doit exécuter ce qui est juste pour devenir juste et ce qui est tempérant pour devenir tempérant. En effet, si l’on exécute ce qui est juste et tempérant, c’est qu’on est déjà juste et tempérant ! De même si l’on écrite et fait de la musique, c’est qu’on sait écrire et qu’on est musicien.»

 

6.2. Réponse : les traits distinctifs d’un acte vertueux

 

«On ne sera … quelqu’un qui sait écrire qu’au moment où, traçant des lettres, on le fait à la manière de celui qui sait le faire, c’est-à-dire en manifestant l’art d’écrire qui est en soi-même. … Mais il est en plus une différence entre les techniques et les vertus. … Les actions que produisent les vertus, même si elles possèdent telle ou telle qualité, ne sont pas … des actions de justice ou de tempérance. Au contraire, il faut encore que l’agent les exécute dans un certain état : d’abord, il doit savoir ce qu’il exécute, ensuite, le décider et, ce faisant, vouloir les actes qu’il accomplit pour eux-mêmes ; enfin, troisièmement, agir dans une disposition ferme et inébranlable. … Et ce sont elles précisément (les deux dernières, note à moi) qui surviennent à force d’exécuter souvent ce qui est juste et tempérant.»

 

6.3. Conclusion

«On a donc bien raison de dire que c’est à force d’exécuter ce qui est juste qu’on devient juste … Et sans agir de la sorte, nul n’a la moindre chance de devenir bon.»

 

6.4. Vanité de la philosophie sans des habitudes vertueuses

«Mais voilà ! La plupart n’agissent pas ainsi et cherchent refuge dans l’argumentation, croyant se consacrer à la philosophie et ainsi pouvoir être vertueux. Ils font un peu comme les personnes souffrantes qui écoutent attentivement parler leurs médecins, mais ne font rien de ce qu’ils prescrivent.» 


 

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