12/08/2009

ARISTOTE 11


ARISTOTE à petite dose (11)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

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 Mon objectif

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

 Suite de la DEUXIÈME PARTIE : LA VERTU

 7. Nature de la vertu

« Mais il faut ensuite considérer ce qu’est la vertu. »

 7.1. Parmi les traits de l’âme, quel est son genre?

« Dès lors donc que l’âme donne lieu à trois choses : des affections, des capacités des états. la vertu doit être l’une de ces choses.

De par affection, j’entends : appétit, colère, crainte, intrépidité, envie, joie, amour, haine, tristesse, jalousie, pitié… en somme ce qui entraîne à sa suite plaisir et chagrin.
Par capacités : ce qui fait dire que nous sommes enclins à ses affections, par exemple, que nous sommes capables de colère ou de chagrin ou de pitié.
 Et par états : ce qui fait que nous sommes, relativement à ces affections, dans des bonnes ou de mauvaises dispositions. Si, par exemple, nous avons pour la colère de fortes ou de faibles dispositions, nous sommes mal disposés, mais si nous y sommes moyennement disposés, c’est une bonne disposition. Et il en a de même relativement aux autres affections. »

 7.1.1. La vertu n’est pas une affection

« Ainsi donc, pas question de tenir pour des affections les vertus, ni les vices, (a ) parce que ce ne sont pas les affections qui nous font taxer de vertueux ou de vicieux, alors que les vertus ou les vices nous valent ces étiquettes.
Et aussi, (b) parce que les affections ne nous valent ni louanges ni blâmes. On ne loue pas, en effet, celui qui éprouve la peur … non plus celui qui se met simplement en colère, mais celui qui le fait dans certaines conditions. En revanche, les vertus et les vices nous valent louanges et blâmes.
(c) En plus, nos accès de colère et de peur ne sont pas décidés, tandis que les vertus correspondent à certaines décisions ou du moins ne vont pas sans elles.
(d) Et de surcroit, les affections nous font dire que nous sommes remués… »

 7.1.2. La vertu n’est pas une capacité

« Or, pour ces raisons, ce ne sont pas non plus des capacités … »

 7.1.3. La vertu est un état

7.2. Quelle est la différence dans ce genre ?

« On doit cependant ne pas se borner à déclarer qu’elle est un état, mais encore indiquer quelle sorte d’état. »

 7.2.1. L’état qui parfait l’office de l’homme

« la vertu de l’œil fait que l’œil est parfait et remplit bien son office, car la vertu de l’œil fait que nous voyons bien. … Dès lors, s’il en va de la sorte dans tous les cas, la vertu de l’homme doit aussi être l’état qui fait de lui un homme bon et qui lui permet de bien remplir son office propre. »

 7.2.2. Comment est-ce possible ?

7.2.2.1. Le milieu jugé relativement à nous

« le milieu déterminé relativement à nous, c’est ce qui n’est pour nous, ni trop ni trop peu : or ce milieu n’est pas une chose unique, ni la même pour tous. »

 7.2.2.2. La vertu fait viser le milieu

« Ainsi, quiconque s’y connaît fuit alors l’excès et le défaut. Il cherche au contraire le milieu et c’est lui qu’il prend pour objectif. Et ce milieu n’est pas celui de la chose, mais celui qui se détermine relativement à nous. »

 7.2.3. Donc, la vertu morale est une moyenne

« Je parle de la vertu morale, car c’est elle qui concerne affections et actions. Or, dans ce domaine, il y a excès, défaut et milieu. Exemple : on peut se montrer intrépide, nourrir des appétits, s’irriter, s’apitoyer et, en somme, éprouver du plaisir et du chagrin, tantôt plus, tantôt moins et, dans les deux cas, sans que ce soit à bon escient : mais le faire quand on doit, pour les motifs, envers les personnes, dans le but et de la façon qu’on doit, constitue un milieu et une perfection ; ce qui précisément relève de la vertu. – Et pareillement, dans les actions, il y a aussi excès, défaut et milieu. »

 7.2.4. Cette moyenne est une excellence

 7.3. Définition de la vertu

Par conséquent, la vertu est un état décisionnel qui consiste en une moyenne, fixée relativement à nous. C’est sa définition formelle et c’est ainsi que la définirait l’homme sagace. D’autre part, elle est une moyenne entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut ; et cela tient encore au fait que les vices, ou bien visent en deçà, ou bien vont au-delà de ce qui est demandé dans les affections et les actions, alors que la vertu découvre le milieu et le choisit. »

 7.4. Précisions

7.4.1. La vertu est par ailleurs une extrémité

« La vertu est une moyenne mais dans l’ordre de la perfection et du bien, elle constitue une extrémité. »

 7.4.2. Le mal sans excès ni défaut

« D’autre part. il n’y a pas dans tout genre d’action ou d’affection une moyenne à trouver. Quelques-unes, en effet, ont un nom qui, d’emblée, les associe à la perversité : par exemple … l’impudence, l’envie et, parmi les actions, l’adultère, le vol. le meurtre. »


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