01/09/2009

ARISTOTE 15


ARISTOTE à petite dose (15)

 ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 

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 Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

 Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

3. La responsabilité

3.1. La vertu et le vice dépendent de nous

« Si donc l’objet du souhait, c’est la fin et que ceux la délibération et de la décision sont les moyens relatifs à cette fin, alors les actions qui correspondent aux moyens sont conformes. semble-t-il, à la décision, c’est-à-dire sont des actions consenties. Or les actes qui traduisent les vertus sont de cet ordre. C’est donc que la vertu aussi se trouve à notre portée.
Mais pareillement le vice. Car là où il est en notre pouvoir d’agir, il est aussi en notre pouvoir de ne pas agir, et là où il y a place pour le « non », il y a place aussi pour le « oui ». »

 3.2. La méchanceté est l’effet d’actes méchants

« Car si nul n’est bienheureux contre son gré, en revanche, la méchanceté, elle, est quelque chose à quoi l’on consent. A moins qu’il ne faille mettre en doute que l’homme soit le point de départ de ses actions et leur auteur, exactement comme il est l’auteur de ses enfants. Or, si nous ne pouvions faire remonter nos actes à d’autres points de départ que ceux qu’on trouve en nous, alors les forfaits qui ont en nous leurs points de départ sont, eux aussi, des choses qui dépendent de nous et Ils sont consentis. »

 3.3. L’usage universel témoigne en ce sens

3.3.1. Il y a une ignorance punissable

« … l’ignorance elle-même, entraîne un châtiment si l’on semble responsable de celle-ci. Ainsi, les ivrognes se voient infliger la double amende au motif que le point de départ de la faute est dans le sujet, puisqu’il est maître de ne pas s’enivrer et que l’ivresse est responsable de l’ignorance. »

3.4. On a le caractère qu’on s’est forgé

« Ce sont en effet les activités auxquelles ils (= les hommes) se livrent en chaque domaine qui les rendent tels. On le voit d’ailleurs à ceux qui s’exercent en vue d’un concours ou d’une action quelconque. Ils passent en effet leur temps à des activités en rapport
Ainsi, ignorer que les actes auxquels on se livre en chaque domaine sont à l’origine de nos états relève d’un manque singulier d’observation.

La raison, en plus, se refuse à penser que celui qui agit injustement ne souhaite pas être injuste ou celui qui agit en intempérant ne souhaite pas l’être. Or, si quelqu’un n’ignore pas que les actes qu’il exécute vont le rendre injuste, on peut dire qu’il consent à être injuste. » 

 3.5. Les mauvaises habitudes enlèvent la possibilité d’être bon

 « …et en tout cas, le souhaiterait-il, l’homme qui est injuste ne cessera pas de l’être à ce prix, c’est-à-dire ne sera pas un juste du fait qu’il le souhaite.
Le malade en effet n’a pas non plus la santé à ce tarif, et dans son cas, il consent à rester malade s’il mène une existence d’incontinent et désobéit à ses médecins. … L’injuste et l’intempérant, de même façon, avaient aussi au départ la faculté de ne devenir ce genre d’individus. »

 3.6. Les habitudes corporelles témoignent dans le même sens

Celles (=des personnes) en effet qui sont laides de nature, nul ne les flétrit, mais bien celles qui le sont par manque d’exercice et de soin. Et il en va encore de même pour la faiblesse et l’infirmité. Nul donc en effet fera de reproche à un aveugle s’il l’est de nature … les vices corporels qui sont de notre responsabilité font l’objet d’une flétrissure, mais pas dans le cas contraire. Or s’il en va de la sorte, dans les autres domaines également, les vices qui sont flétris seront de notre responsabilité. »

3.6.1. Objection

Mais supposons l’argument suivant. Tout le monde vise à ce qu’il lui paraît bon et l’on n’est pas maître de cette représentation ; au contraire, selon qu’il a tel trait distinctif, quel qu’il soit, chacun voit aussi les choses de telle façon.

3.6.2. Réfutation

« … si chacun est personnellement responsable en un sens de son état, il sera également lui-même responsable en un sens de sa représentation.
 

3.6.3. Conclusion

« Si donc, comme on le dit, les vertus relèvent du consentement parce que nous sommes personnellement responsables en un sens de nos états et parce que c’est en fonction de nos qualités distinctives que nous posons tel genre de fin, alors les vices aussi relèveront du consentement, car ces cas sont semblables. »

 3.6.4. Note additionnelle

« Les actions cependant, ne sont pas objets de consentement exactement au même titre que les états. Nos actions, en effet, nous en sommes maitres depuis le début jusqu’à la fin, dès lors que nous en savons les circonstances particulières. En revanche, nos états, nous en maîtrisons le début, mais ce que les circonstances particulières viennent y ajouter nous échappe. C’est comme dans le progrès des faiblesses corporelles. »

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FIN DE LA 3e PARTIE


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