08/10/2009

ARISTOTE 18


ARISTOTE à petite dose (18)

 ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

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Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 4. La générosité

 4.1. Les richesses : matière de la générosité

 La générosité semble être la moyenne où sont en jeu les biens d’usage courant … c.-à-d. tout ce dont la valeur se mesure en monnaie.

 4.2. L’excès et le défaut

La prodigalité et l’avarice constituent dans le même domaine des excès et des défauts … Aristote appelle « prodigues » les incontinents et ceux qui se montrent dépensiers pour servir leur intempérance… Le vice du prodigue, c’est de se ruiner, de détruire son avoir dont dépend sa vie.

 4.3. Du bon usage des richesses

« … ce dont on use, on peut en user bien ou mal. Or la richesse fait partie des choses utiles, et celui qui fait le meilleur usage d’une chose est celui qui possède la vertu en rapport avec elle. Donc celui qui fait le meilleur usage de la richesse est aussi celui possède la vertu en rapport avec ses biens, c’est-à-dire le généreux. »

 4.3.1. Savoir donner plutôt que recevoir

« la caractéristique du généreux est plutôt de donner à ceux qu’il doit que de titrer profit de ceux qu’il doit… »

 4.3.2. La supériorité du don : arguments

« On n’a pas de peine à voir que donner se rattache à l’acte de bien faire et d’accomplir ce qui est beau, tandis que retirer un profit se rattache à l’acte de bénéficier ou de s’abstenir de mal faire…

 Il est d’ailleurs aussi plus facile de ne pas accepter que de donner…

 On aime peut-être les personnes généreuses plus que toutes celles dont on apprécie la vertu … cela tient au fait qu’elles donnent.

 4.4. Les exigences de l’action généreuse

4.4.1. Exigence relative au don

«… les actions vertueuses sont de belles actions et sont motivées par ce qui est beau. Le généreux, lui aussi, lorsqu’il donne, sera donc motivé par ce qui est beau, tout en agissant correctement, c’est-à-dire en donnant à ceux qu’il doit, tout ce qu’il doit, lorsqu’il le doit, et selon toutes les autres exigences qui accompagnent le don correct. Et ce, avec plaisir ou sans peine, car le geste vertueux a de l’agrément ou se fait sans peine et il est ce qu’il y a de moins affligeant. »

 4.4.2. Exigence relative au profit

« Par ailleurs, celui-ci ne tirera pas non plus profit de ce qu’il ne doit pas, parce qu’il n’a pas non plus le culte des richesses qui entraîne cette façon de faire des profits. Et il ne sera pas non plus un solliciteur … Au contraire, il tirera profit de ce qu’il doit, par exemple de ses possessions privées ; non que cette préoccupation soit une belle chose, mais parce qu’elle est nécessaire pour avoir de quoi donner. ll ne négligera pas non plus ses biens personnels, si du moins il s’entend s’en servir pour subvenir à certains, et il ne fera pas de don à n‘importe qui, pour avoir à donner à ceux qu’il doit, quand il le doit et dans les circonstances où c’est beau de le faire. »

 4.5. La caractéristique du généreux : l’excès de dons

« Ne pas regarder à soi fait en effet partie du caractère généreux. Cependant, c’est en fonction de l’avoir de l’intéressé qu’on parle de générosité. »

 4.6. La générosité comme moyenne à un double titre

j »Le don honnête s’accompagne en effet du profit honnête, alors que le profit qui ne l’est pas y fait obstacle. »

 4.7. Excès et défaut

« … la prodigalité se définit par l’excès qui consiste à trop donner sans recevoir et par le défaut qui consiste à trop peu accaparer, tandis que l’avarice se définit par le défaut qui consiste à trop peu donner et par l’excès qui consiste à trop accaparer – sous réserve qu’il s’agisse d’opérations modestes. »

4.7.1. La prodigalité

4.7.1.1. La prodigalité vaut mieux que l’avarice

« Ce nl’est pas en effet un trait de méchant homme ni d’ignoble individu que de donner excessivement sans tirer de profit, mais une marque d’étourdi. »

 4.7.1.2. La prodigalité confine à l’avarice

« Mais la plupart des prodigues… tirent aussi profit de ce qu’ils ne doivent pas et ils sont, sous ce rapport, des avares … dans le même temps, n’ayan pas le moindre souci de ce qui est beau, ils puisent sans scrupule à toutes les sources. »

 4.7.1.3. La prodigalité confine à l’intempérance

« C’est précisément pourquoi leurs dons ne sont pas généreux. Il n’y a en effet rien de beau dans leurs actes. Ce n’est pas non plus leur but et ils ne procèdent pas comme il faut… Aussi bien y a-t-il aussi de l’intempérance chez la plupart d’entre eux parce qu’ils gaspillent à pleines mains, parce que leurs dépenses servent à leurs débauches et parce que, faute de viser à ce qui est beau dans la vie, ils dérivent vers les plaisirs. » 

 4.7.2. L’avarice

« L’avarice … est incurable… vieillesse et chaque forme d’incapacité produisent l’avarice. De plus, ce défaut est davantage lié il la nature humaine que la prodigalité. En effet, la masse est éprise de richesses plutôt qu’elle n’incline à donner. »

4.7.2.1. Les variétés d’avarice

« Ce défaut … revêt plusieurs formes… l’avarice … réside en deux choses, à la fois trop peu donner et trop accaparer. »

 4.7.2.1.1. La réticence à donner

Ainsi,  ceux qu’on range sous des appellations telles que « ladres », « grippe-sous », « pingres »… tous ont le défaut de trop peu donner, mais ils ne convoitent pas les richesses d’autrui ni ne souhaitent en tirer profit. »

 4.7.2.1.2. Le profit sordide

« Il en est … dont l’excès consiste à faire des profits en puisant à toutes les sources tout ce qu’ils peuvent, comme ceux qui se livrent à des besognes sordides : loueurs de prostituées et tous les individus de cet acabit, ou les prêteurs de petites sommes à gros intérêts…  le joueur et le détrousseur (et le brigand) font partie des avares, puisqu’ils sont appâtés par un gain sordide. C’est par appât du gain en effet que tous les deux se démènent et endurent des marques d’opprobre. … »

 4.8. Conclusion

« C’est d’ailleurs assez normal que la générosité ait pour contraire l’avarice dans le langage courant, puisque celle-ci est un plus grand mal que la prodigalité … »


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