25/10/2009

ARISTOTE 20


ARISTOTE à petite dose (20)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

 

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu’ils ont été publiés dans l’édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

 

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

 

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Méthode : reproduction de résumé et d’extraits (en italiques)

Mes objectifs

1.     Réunir les différentes idées d’Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.

2.     En découvrir l’organisation intérieure et les liens hiérarchiques.

3.     Formuler les questions qu’Aristote se posait.

4.     Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

 

QUATRIÈME PARTIE : LES VERTUS MORALES PARTICULIÈRES

 

6. La magnanimité

« la magnanimité met … en jeu de grandes choses ; c’est même ce qui paraît ressortir de son nom. » 

 

6.1. La matière de la magnanimité

« Or semble être magnanime celui qui estime mériter de grandes faveurs et qui en est digne. Celui qui le fait sans avoir de mérite, en effet, n’est qu’un sot. Or aucun homme vertueux n’est sot ni insensé. »

6.1.1. Positions extrêmes et position d magnanime

« …la magnanimité implique de la grandeur comme la beauté implique  un corps de grande taille, alors que les gens de petite taille sont séduisants et bien proportionnés, mais pas beaux.
En revanche, celui qui se juge digne de grandes faveurs alors qu’il en est indigne, est un vaniteux. Quant à celui qui pense mériter de moindres faveurs que celles auxquelles il a droit, c’est un pusillanime.
Le magnanime occupe donc, du fait de sa grandeur, une position extrême. Mais, du fait qu’il s’apprécie comme il doit, il tient une position moyenne, car il s’estime à son juste mérite alors que les autres pèchent par excès ou par défaut. »

6.1.2. L’honneur : matière de la magnanimité

« … la dignité … celle que visent par-dessus tout les personnes occupant une dignité et qui constitue la récompense offerte aux plus beaux exploits, c’est à dire l’honneur. Voilà en effet la plus grande des faveurs extérieures. Par conséquent, ce sont les marques d’honneur et l’infamie qui sont en jeu dans l’appréciation justifiée que porte le magnanime sur lui-même. »

6.2. La perfection du magnanime : parure des vertus
« L’homme véritablement magnanime doit donc être homme de bien. …   Et rien ne serait plus discordant qu’un magnanime en train de fuir à toutes jambes, ou en train de frauder… Dans quel but, en effet, irait-il  commettre de laides actions, lui pour qui rien n’a grande importance ? … … C’est pour cela qu’il est difficile d’être véritablement magnanime, car on ne le peut sans l’excellence qui unit le beau et le bien. »

6.3. La magnanimité face aux biens extérieurs
6.3.1. Face aux différentes marques d’honneur

«  … les grands honneurs, même conférés par les personnes vertueuses, lui procureront un plaisir mesuré…
En revanche, l’hommage qu’il reçoit des premiers venus et pour de petits riens le laissera totalement indifférent, car ce n’est pas de cela qu’il est digne ; et pareillement d’ailleurs l’infamie, car elle ne peut en stricte justice le concerner. »

6.3.2. Face aux autres biens extérieurs

«  … la richesse, le pouvoir et toutes les sortes de bonne et de mauvaise fortune lui inspireront aussi une attitude mesurée… En particulier, la bonne fortune ne lui procurera pas de joie débordante. ni la mauvaise de chagrin profond. » 

 

6.3.2.1. Vertu et biens extérieurs

« L’opinion veut toutefois que les marques de la bonne fortune contribuent à la magnanimité. »

 

6.3.2.2. Les biens extérieurs sans vertu

« Quant à ceux qui, sans vertu, possèdent les biens de ce genre, ils ne sont pas fondés, en stricte justice, à s’estimer dignes de grandes faveurs ni, en toute rectitude, à réclamer le titre de magnanimes. »

 

6.4. Les traits particuliers du magnanime

6.4.1. Son courage

« il est à son affaire dans les grands dangers, et lorsqu’il les affronte,  c’est sans égards pour son existence, car dans son esprit, on ne mérite pas de vivre à tout prix. »

6.4.2. Sa bienfaisance

« Il est aussi porté à la bienfaisance et recevoir un bienfait lui inspire de la honte, car donner est la marque du supérieur tandis que recevoir est celle de l’inférieur.
Et il incline à rendre beaucoup plus qu’il n’a reçu …  l’obligé est inférieur au bienfaiteur … le magnanime souhaite avoir la priorité … Le magnanime a aussi pour trait de ne solliciter personne, sinon à regret ; en revanche, il offre ses services avec empressement. »

 

6.4.3. Sa réserve ordinaire

               

6.4.4. Sa franchise

« Il trouve par ailleurs nécessaire d’afficher ce qu’il déteste et ce qu’il aime, car le secret trahit un timoré, de cultiver la vérité plutôt que l’opinion et de parler et d’agir au grand jour. »

 

6.4.5. Sa distance à l’égard d’autrui

6.4.6. Sa distance à l’égard du nécessaire

6.4.7. Son attitude extérieure

« C’est une démarche lente qui semble convenir au magnanime, une voix grave et une diction posée. On ne doit pas en effet avoir l’air pressé quand on prend peu de choses au sérieux, ni l’air tendu quand on croit que rien n’a grande importance. »

 

6.5. Les travers correspondants

« Celui … chez qui ces traits sont trop peu accusés est un pusillanime et celui qui les accuse à l’excès, un vaniteux. Ainsi donc, ce ne sont pas, semble-t-il, des vicieux, … car ils ne font pas le mal ; mais ce sont des ratés. »

 

6.5.1. Le pusillanime

« Le pusillanime, en effet, bien qu’il soit digne de certains avantages, se prive lui-même de ce qu’il mérite et il a l’air d’avoir à se reprocher quelque chose de mal, dès lors qu’il ne se juge pas digne de ces biens-là. Par ailleurs, il donne aussi l’impression de ne pas se connaître lui-même … Et pourtant, ces sortes de gens ne sont pas, semble-t-il, des idiots, mais plutôt des timides. »

 

6.5.2. Le vaniteux

« … les vaniteux sont des idiots, qui vont jusqu’à se méconnaître eux-mêmes. Et cela saute aux yeux, car ils briguent, comme s’ils en étaient dignes, les places d’honneur, puis la tentative tourne à leur confusion. »


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