07/01/2010

ARISTOTE 25


ARISTOTE à petite dose (25)

ÉTHIQUE A NICOMAQUE

Traduction, notes et bibliographie par Richard Bodéus

Titres et sous-titres reproduits tels qu'ils ont été publiés dans l'édition des « Grands Philosophes » de Flammarion, 2008 ;

Pour obtenir  le plan détaillé du livre, cliquez (à droite) sur les archives du 14-07-2009 (2e moitié)

Pour lire l'ensemble des textes (le premier se trouvant le dernier), cliquez sur « Aristote » dans la liste des tags (à gauche)

Méthode : reproduction de résumé et d'extraits (en italiques)

Mes objectifs

  • 1. Réunir les différentes idées d'Aristote et de son temps, même si ces idées ne nous concernent plus.
  • 2. En découvrir l'organisation intérieure et les liens hiérarchiques.
  • 3. Formuler les questions qu'Aristote se posait.
  • 4. Me faire une idée rationnelle du BONHEUR.

CINQUIÈME PARTIE : LA JUSTICE

1. Objectifs généraux de l'enquête

Examiner (1) quelles action la justice et l'injustice mettent en cause, (2) quelle sorte de moyenne constitue la justice, (3) entre quels extrêmes se situe la justice.

 

2. Préliminaires

 

2.1. Principes de base : justice et injustice sont des états qui inclinent à agir d'une certaine façon

 

2.2. Ces états sont contraires

Une capacité ou une science permet de faire ou de connaître des choses contraires, alors qu'un état qui a un contraire, n'entraîne pas des contraires.

 

2.3. Les façons de connaître ces états

On peut connaître un état qui a un contraire à partir de ce contraire, ou à partir de son sujet (= celui qui possède cet état).

 

2.4. Ces états sont entendus chacun de plusieurs façons

S'il se trouve que le mot « justice » possède plusieurs significations, alors le mot « injustice » en possèdera plusieurs aussi.

 

3. Le légal et l'inégal

Ce qui est juste, c'est ce qui est légal et ce qui est équitable, tandis que ce qui est injuste, c'est ce qui est illégal et ce qui est inéquitable.

 

3.1. Remarques sur la cupidité

3.1.1. Les biens qui en sont l'objet

Un homme injuste car cupide poursuit l'acquisition de biens qui, pris simplement, sont des biens mais qui ne le sont plus pour lui.

 

3.1.2. Les maux qui en sont l'objet

Un homme cupide ne prend pas toujours trop. Il prend trop peu quand il s'agit des choses qui, prises simplement, sont des maux. Dans ces cas, le moindre mal paraît un bien et ainsi notre homme opportuniste passe pour un cupide et un inéquitable.

 

4. La justice légale ou la vertu globale

Celui qui transgresse la loi est injuste, celui qui la respecte, est juste. Il s'ensuit que ce qui est légal, est juste d'une certaine façon. Aristote dit clairement : les prescriptions définies par le législatif sont légales et chacune d'elles est juste.

 

4.1. Est juste ce qui assure le bonheur des citoyens

Les lois visent à produire et à garder le bonheur et ses parties constituantes au profit de la communauté des citoyens.

 

4.2. Cette justice est la vertu finale

Les lois prescrivent ce que doit faire un homme courageux, un homme tempérant, un homme doux. Il en va de même pour toutes les autres vertus. Les lois fournissent des prescriptions correctes si elles sont établies correctement, et des prescriptions mauvaises si elles ont été improvisées. Ainsi donc la justice constitue la vertu finale de l'homme dans ses rapports avec autrui.

 

4.3. Elle implique un comportement vertueux envers autrui

« La justice sert les intérêts d'un autre quand elle nous fait agir, que cet autre soit au pouvoir ou membre comme nous de la communauté. Ainsi donc, le pire individu est celui dont la méchanceté s'exerce autant contre lui-même qu'envers ses proches, mais le meilleur n'est pas celui dont la vertu s'exerce envers lui-même : c'est au contraire celui qui l'exerce envers autrui, car ce comportement représente une tâche difficile. »

 

4.4. Conclusion

« Cette forme de vertu n'est pas une partie de la vertu, mais la vertu dans sa totalité, et son contraire, l'injustice, n'est pas une partie du vice mais le vice intégral.»

 

5. La justice comme équité ou vertu partielle

5.1. Indices d'une forme spécifique d'injustice

(a) commettre des actes de méchanceté sans faire preuve de la moindre cupidité

(b) supposons un adultère qui obéisse à l'appât du gain et tire profit de sa liaison, tandis qu'un autre, pour pouvoir céder à la concupiscence, doit payer « le prix » : le premier est un cupide, un injuste mais pas un intempérant ; le second est un intempérant, non pas un cupide.

 

il existe donc une forme d'injustice différente de l'injustice globale, qui est une partie de celle-ci mais qui porte le même nom

 

5.2. Cette justice partielle est l'équité

Ce qui est inéquitable, est toujours illégal, mais ce qui est illégal n'est pas toujours inéquitable. L'injustice ne coïncide pas avec l'illégal, donc il existe une justice partielle et une injustice partielle.

 

6. Ce qu'il faut approfondir

6.1. La justice globale : note supplémentaire

La plupart des actes sanctionnés par des la loi correspondent à ce que prescrit la vertu globale.

 

6.2. La justice partielle représente deux formes à examiner

(a) la justice distributive dans la répartition des biens, des richesses et des honneurs

(b) des actes consentis opposés aux affaires non-consenties

 

7. La justice distributive

7.1. L'équitable est un milieu

Là où il y a de place pour le trop ou le trop peu, il doit y avoir de la place aussi pour le milieu qui est l'équitable et le juste.

 

7.2. L'équitable implique au moins quatre termes

c.-à-d. au moins 2 parts à comparer et au moins 2 personnes à qui les attribuer.

 

7.3. L'équitable suppose une double égalité

Des parts égales pour des personnes égales. Si les personnes ne sont pas égales, elles ne peuvent obtenir des parts égales. Ce qui est juste dans le partage doit, tout le monde le reconnaît, refléter un certain mérite ?

 

7.4. L'égalité proportionnelle est la justice distributive

Ce qui est juste, c'est quelque chose de proportionnel

 

7.4.1. Les différents types de proportions distingués en mathématiques

Le rapport A à B est aussi celui de C à D. Aussi valable : le rapport A à B est aussi le rapport B à C. Toujours 4 éléments au minimum.

 

7.4.2. La proportion dans le cas du juste

C'est le proportionnel qui constitue le milieu. Le rapport A-B est égal au rapport C-D et le rapport A-C est égal au rapport B-D

 

7.5. L'injustice correspondante

Ce qui est injuste, c'est ce qui est disproportionnel, aussi bien quand il s'agit de partager des biens ou des maux. En ce qui concerne les maux, le moindre mal fonctionne comme un bien.

 

8. La justice corrective

Cette forme de justice se rencontre dans les rapports contractés entre hommes, qu'ils soient consentis ou qu'ils ne le soient pas.

8.1. Le correctif exige une proportion arithmétique

Dans le cas précédent, il s'agit d'une proportionnalité selon la contribution personnelle à la richesse commune. Ici il s'agit d'une proportionnalité arithmétique. Dans les rapports contractés entre hommes, ce qui est juste exprime une sorte d'égalité mais cette égalité ne traduit pas la proportionnalité du cas précédent.

 8.2. Le correctif dans la justice

8.2.1. La justice corrective ne considère que le dommage

La qualité (homme honnête ou homme vilain) des personnes impliquées n'a aucune importance. Ce qui a de l'importance, c'est la réparation du dommage encouru.

 8.2.2. Elle rétablit l'égalité

Lorsqu'on subit un traitement injuste, on subit une inégalité et le juge doit s'efforcer de rétablir l'égalité initiale en « retranchant quelque chose du profit », expression pas tout à fait adéquate, Aristote en convient lui-même. Le moyen terme entre un certain profit et une perte, ce qui est juste dans les rapports qui échappent au consentement, c'est de maintenir l'égalité avant et après.

8.2.3. Le juste correctif est un milieu

Trop de bien et trop peu de mal représentent un profit, alors que trop de mal et trop peu de bien représentent un dommage. Ce qui est juste, à titre de correctif, c'est le milieu entre perte et profit.

8.2.4. Comment rétablir l'égalité ?

Aristote réduit cette question à un truc mathématique : il prend une ligne AB qui consiste de 2 segments AC et CB dont AC > CB. Il retranche du segment AC juste ce qu'il faut et l'ajoute à CB de sorte que les 2 nouveaux segments soient égaux !!!


Les commentaires sont fermés.